« Algeria Bid Round 2026 » : Des actifs de « classe mondiale » proposés
L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) s’apprête à lancer un nouvel appel d’offres international baptisé « Algeria Bid Round 2026 », proposant aux compagnies pétrolières et gazières du monde entier des opportunités d’exploration et de développement que le ministère des Hydrocarbures et des Mines qualifie dans un communiqué publié dimanche d’« actifs de classe mondiale ». Cette annonce, qui intervient moins d’un an après le succès du premier appel d’offres organisé en une décennie et qui avait attiré des majors comme TotalEnergies, Eni, Sinopec et QatarEnergy, confirme l’ambition d’Alger de s’imposer comme une destination de premier plan pour l’investissement pétrolier et gazier international, dans un contexte de demande mondiale en gaz appelée à atteindre 5 300 milliards de mètres cubes par an.
Dans sa publication, le ministère des Hydrocarbures et des Mines a indiqué que « l’Agence s’apprête à lancer l’appel d’offres algérien pour l’année 2026, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’exploration et de développement à travers les quelques opportunités des plus prometteuses au monde dans le secteur des hydrocarbures, en plus d’actifs de classe mondiale ». Le communiqué précise que « davantage de détails seront révélés prochainement », tout en soulignant que « l’Algérie va de l’avant vers l’exploitation de nouvelles potentialités, le renforcement des partenariats stratégiques, et le développement futur du secteur des hydrocarbures en Algérie ». Cette annonce s’inscrit dans une dynamique lancée par le succès de l’« Algeria Bid Round 2024 », premier appel à la concurrence internationale organisé depuis 2014 sous le régime de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Finalisé en juin 2025, ce cycle avait abouti à l’attribution de licences d’exploration dans cinq des six zones proposées à des compagnies de premier plan — Sinopec, TotalEnergies, Eni et QatarEnergy —, générant des engagements d’investissements minimums de 936 millions de dollars, dont 533 millions consacrés à l’exploration et 403 millions au développement, sur des contrats d’une durée de trente ans. Ces résultats, jugés très satisfaisants par les autorités, ont marqué le retour de l’Algérie sur la carte mondiale de l’investissement pétrolier et gazier après une longue période d’atonie.
Pour préparer ce deuxième cycle, ALNAFT a adopté une démarche inédite en lançant dès décembre 2025 une plateforme numérique, baptisée « Processus de nomination » (Nomination Process), permettant aux opérateurs intéressés de sélectionner entre six et huit périmètres d’exploration parmi une liste préétablie de 24 périmètres répartis à travers différentes régions du pays. Le président d’ALNAFT, Samir Bekhti, avait alors expliqué que cette démarche visait à « identifier les intérêts des investisseurs dans une vision de prospection en amont et pour une meilleure préparation de l’appel d’offres international ». La plateforme, accessible via le site officiel de l’Agence, constituait selon M. Bekhti « un signal fort adressé aux investisseurs, traduisant l’engagement de l’Algérie à avancer selon une méthodologie claire, avec un haut niveau de transparence et de visibilité, dans un cadre juridique stable garanti par la loi sur les hydrocarbures ». Le responsable avait qualifié cette étape de « phase charnière dans le processus de promotion de l’investissement dans le secteur amont en Algérie » et de « station importante dans la consolidation de la confiance et de la transparence ». Les enjeux de ce nouvel appel d’offres dépassent le seul cadre national. Selon les données du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), la demande mondiale en gaz devrait atteindre 5 300 milliards de mètres cubes par an dans les prochaines années, une hausse substantielle qui place les pays producteurs en position de force. L’Algérie, qui figure parmi les dix premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel et constitue un fournisseur stratégique de l’Europe, notamment de l’Italie et de l’Espagne, entend renforcer ses capacités de production pour capter une part croissante de cette demande. L’« Algeria Bid Round 2026 » fait partie d’un vaste programme par lequel ALNAFT a identifié 17 projets d’hydrocarbures devant être soumis à l’investissement international à travers une série d’appels d’offres successifs. Au-delà du conventionnel, l’Algérie dispose d’un potentiel considérable en hydrocarbures non conventionnels. Le président d’ALNAFT avait mis en avant l’existence de « plus de 700 milliards de pieds cubes, soit environ 19 800 milliards de mètres cubes, de ressources récupérables en gaz non conventionnel », précisant que « l’intérêt actuel porte sur les modalités d’exploitation de ces importantes ressources dans le strict respect des exigences légales et environnementales ». Ces réserves colossales, si elles venaient à être exploitées, feraient de l’Algérie l’un des tout premiers détenteurs mondiaux de gaz de schiste, ouvrant des perspectives économiques de long terme qui redessineraient la place du pays sur l’échiquier énergétique mondial. Au-delà, l’Algérie explore les possibilités d’exploration en offshore, des réservoirs compacts et de développement des champs matures. Dans ce sens, Alnaft a annoncé il y a quelques jours, d’ateliers internationaux en mai prochain à Alger pour se pencher sur ces opportunités.
Samira Ghrib

