Liban : Le système de santé pris pour cible par l’occupation sioniste
Les frappes israéliennes contre le Liban ont franchi un nouveau seuil de gravité ce week-end, ciblant des zones résidentielles et des établissements de santé dans le sud du pays, au mépris de l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre 2024. Le bilan humain s’alourdit de jour en jour : selon le ministère libanais de la Santé, au moins 826 personnes ont été tuées, dont 106 enfants, et 2 009 autres blessées depuis le 2 mars. Samedi seul, les bombardements ont coûté la vie à au moins 24 personnes, selon l’agence de presse libanaise ANI. Les frappes de la nuit de vendredi à samedi ont touché plusieurs localités du sud du Liban, notamment Bint Jbeil, Aïnata, Aïtaroun et les abords de Maroun el-Ras. Dans la journée de samedi, un raid aérien a visé pour le deuxième jour consécutif la zone de Nabaa, dans le quartier de Bourj Hammoud, tandis qu’un appartement résidentiel à Haret Saïda était également pris pour cible. La nuit suivante, trois personnes ont été tuées dans le village de Qatrani, et un mort supplémentaire a été enregistré près de Saïda, principale ville du sud, où l’armée israélienne a frappé, selon l’ANI, « un appartement dans un immeuble résidentiel ». Ce qui indigne particulièrement la communauté internationale, c’est le ciblage délibéré des structures médicales. En une seule journée, quatorze agents de santé ont été tués dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, provoquant la condamnation du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. Tedros Adhanom Ghebreyesus a dénoncé samedi l’attaque contre le centre de soins de santé primaires de Burj Qalawiya, qui a coûté la vie à douze médecins, ambulanciers et infirmiers en une seule frappe. Quelques heures plus tôt, deux autres ambulanciers avaient été tués lors d’une attaque contre un second établissement de santé. « Ces incidents mettent en lumière l’attaque continue contre le système de santé libanais, qui est un pilier vital pour la population », a déclaré le responsable onusien. Depuis le 2 mars, l’OMS a recensé 27 attaques israéliennes contre des établissements de soins au Liban, faisant 30 morts et 35 blessés parmi le personnel médical. L’organisation a rappelé solennellement qu’« en vertu du droit international humanitaire, le personnel et les infrastructures médicales ne doivent jamais être attaqués ni militarisés », soulignant « la nécessité de protéger en permanence les personnels soignants ». Au total, 31 agents de santé ont été tués depuis le début de cette nouvelle vague de violences.
L.S.

