Économie

Agriculture de précision : L’Algérie développe ses propres technologies

Deux conventions de coopération ont été signées lundi à Alger entre le Centre de recherche en technologies industrielles — le CRTI — et deux institutions de premier plan : l’entreprise de production de matériel agricole et l’École nationale supérieure d’agronomie. Un acte symbolique autant que concret, paraphé sous l’égide du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamal Baddari. La cérémonie de signature n’a pas été un simple exercice protocolaire. Le ministre Baddari en a profité pour passer en revue une série de projets innovants conçus et fabriqués au sein du CRTI, qui s’inscrivent dans la stratégie sectorielle placée sous le slogan « Innover en Algérie ». Des prototypes qui, pour la première fois, donnent corps à une ambition répétée depuis des années : doter l’agriculture algérienne d’outils technologiques nationaux, plutôt que de continuer à dépendre indéfiniment de l’importation d’équipements étrangers. Le ministre n’a pas ménagé ses mots pour souligner la portée de ces travaux. Il a affirmé que ces innovations « auront un effet réel sur l’économie nationale et renforceront la souveraineté alimentaire et industrielle nationale, qui figure parmi les priorités du gouvernement ». Une déclaration qui ancre explicitement la recherche technologique dans le projet politique d’indépendance économique porté par les autorités algériennes, et confère à ces conventions une dimension qui dépasse le simple cadre académique. Les solutions développées par le CRTI couvrent un spectre large et répondent à des besoins concrets du secteur agricole. Parmi les réalisations présentées figurent un prototype de machine de dépiégeage — conçu pour débarrasser les terres agricoles des pierres qui freinent la mécanisation —, une station météorologique dédiée au suivi des cultures de blé, un robot agricole opérant directement dans les espaces cultivés, ainsi qu’un drone spécialement guidé pour le traitement phytosanitaire des grandes surfaces agricoles. Des dispositifs pensés pour répondre aux contraintes spécifiques du contexte algérien, des vastes étendues des hauts plateaux céréaliers aux serres de maraîchage intensif. L’impact attendu de ces outils est à la fois technique et économique. Selon les concepteurs, ces projets de recherche sont de nature à « améliorer le rendement agricole et à optimiser la gestion de l’irrigation, tout en permettant la détection précoce des maladies affectant les cultures de blé et les plantes, notamment à l’intérieur des serres ». Des gains de productivité qui, s’ils sont déployés à grande échelle, pourraient contribuer significativement à la sécurité alimentaire nationale, dans un contexte où l’Algérie continue d’importer des quantités considérables de céréales et de produits alimentaires transformés.

C’est précisément pour accélérer ce passage du laboratoire au terrain que Kamal Baddari a lancé un appel direct aux opérateurs économiques. Il a exhorté les acteurs et investisseurs des filières agricoles et agronomiques à « s’appuyer sur ces solutions prêtes à l’emploi », leur signifiant que les technologies existent désormais et n’attendent que des partenaires privés pour être industrialisées et commercialisées. Une invitation à boucler le cycle vertueux entre recherche publique et investissement productif — un maillon qui a souvent manqué dans l’histoire récente de la politique scientifique algérienne.

S.A.

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