L’entité sioniste menace le Liban de destruction totale : L’ONU dénonce des menaces d’une gravité « totalement inacceptable »
Le Bureau des droits de l’Homme des Nations unies a haussé le ton mardi contre l’entité sioniste. Face à des déclarations de responsables israéliens évoquant la possibilité d’infliger au Liban le même niveau de destruction que celui subi par Gaza, le porte-parole Thameen Al-Kheetan a tranché sans détour : de tels propos sont « totalement inacceptables ». La mise en garde onusienne intervient alors que la situation humanitaire au Liban atteint un seuil critique, deux semaines après la reprise d’une campagne militaire massive qui a déjà contraint plus d’un million de personnes à fuir leurs foyers.
« Une telle rhétorique, associée à l’annonce par l’armée israélienne du déploiement de forces supplémentaires et de l’élargissement de son incursion terrestre, accentue la peur et l’anxiété profondes parmi la population libanaise », a précisé Al-Kheetan depuis Genève. Derrière la condamnation diplomatique se dessine une réalité de terrain accablante : depuis le 2 mars, date du déclenchement de la nouvelle aggression sioniste, 1.049.328 personnes se sont officiellement enregistrées comme déplacées auprès du ministère libanais des Affaires sociales. Parmi elles, 132.742 sont hébergées dans plus de 600 centres d’accueil collectifs, souvent surpeuplés, où l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins demeure insuffisant. Le bilan humain est lourd. Au moins 886 personnes, dont 111 enfants, ont été tuées depuis le début du mois de mars, selon les chiffres compilés par le Bureau onusien des droits de l’Homme. Des données qui recoupent celles du ministère libanais de la Santé, qui fait état d’au moins 850 morts, dont 107 enfants, sur la même période. Cette offensive se poursuit en dépit d’un accord de cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre 2024 — un accord que l’armée israélienne continue de violer, selon les autorités libanaises.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé à « une cessation immédiate des hostilités » et exigé que « toutes les violations fassent l’objet de mesures de responsabilisation ». Il a par ailleurs exhorté la communauté internationale à renforcer son soutien à la réponse humanitaire au Liban. Le porte-parole Al-Kheetan a pour sa part rappelé que le droit international humanitaire prohibe les déplacements forcés de populations civiles et garantit leur protection, en particulier celle des groupes les plus vulnérables — une injonction que les faits, heure après heure, semblent réduire à néant.
R.I.

