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Albares attendu fin mars à Alger : Vers une visite de Pedro Sanchez ?

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, devrait effectuer une visite officielle en Algérie durant la dernière semaine de mars pour préparer une rencontre au sommet entre le président Abdelmadjid Tebboune et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, selon plusieurs médias espagnols, dans un contexte géopolitique régional tendu marqué par l’instabilité au Moyen-Orient et la reconfiguration des alliances énergétiques en Méditerranée. Cette visite, la première d’Albares en Algérie depuis sa prise de fonctions, constituerait un tournant dans des relations bilatérales profondément ébranlées depuis 2022, lorsque Madrid avait modifié unilatéralement sa position sur la question du Sahara occidental en se ralliant au plan d’autonomie proposé par le Maroc. Cette volte-face avait provoqué une réaction ferme d’Alger, qui avait rappelé son ambassadeur, suspendu le traité d’amitié liant les deux pays et gelé quasi totalement les échanges commerciaux, à l’exception des contrats gaziers régis par des engagements à long terme. Les entreprises espagnoles avaient payé le prix fort de cette rupture, avec des pertes estimées à plus de trois milliards d’euros et un effondrement des exportations vers l’Algérie entre 2021 et 2023. Si aucune confirmation officielle n’a été formulée du côté d’Alger, des sources diplomatiques indiquent que les discussions porteront sur l’organisation d’un sommet de haut niveau dont le lieu reste à déterminer, à Alger ou à Madrid, dans un geste symbolique de normalisation. Ce sommet avait déjà été évoqué fin 2025, avec une possible visite du président Tebboune en Espagne, sans toutefois se concrétiser. La venue d’Albares pourrait relancer cette dynamique et poser les bases d’un dialogue renouvelé.

Le dégel entre les deux capitales s’est amorcé progressivement ces derniers mois, avec la nomination d’un nouvel ambassadeur algérien à Madrid en 2023 et une reprise partielle des échanges commerciaux en 2024. Plusieurs dossiers sensibles devraient figurer à l’ordre du jour de cette visite. La question migratoire arrive en tête des préoccupations espagnoles. L’approvisionnement énergétique constitue un autre enjeu central, dans un contexte mondial où la crise au Moyen-Orient accentue la pression sur les marchés du gaz et où les pays européens redoublent d’efforts pour sécuriser des sources d’approvisionnement fiables et proches. L’Algérie, qui demeure un fournisseur clé de gaz pour l’Espagne, se trouve en position de force dans ces négociations, d’autant que Rome multiplie parallèlement les gestes en direction d’Alger, avec la visite prévue de Giorgia Meloni le 25 mars. Pour l’Algérie, ce rapprochement avec Madrid intervient dans une conjoncture favorable. La demande européenne croissante en gaz naturel, la fiabilité reconnue de Sonatrach comme partenaire et le poids diplomatique grandissant d’Alger sur la scène régionale confèrent au pays une marge de manœuvre considérable. Il reste à savoir si Madrid est disposé à aller au-delà des gestes diplomatiques pour répondre aux attentes algériennes, notamment sur la question du Sahara occidental, dossier sur lequel Alger n’a jamais transigé.

Samir Benisid

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