Saïd Chanegriha met en garde contre le retour de l’option de la guerre
Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général d’armée Saïd Chanegriha, a lancé une mise en garde solennelle contre les « mutations géopolitiques rapides et dangereuses » qui caractérisent la scène internationale actuelle, marquée par le retour décomplexé de l’option militaire, le mépris des règles du droit international et la montée des conflits à travers le monde, lors d’une cérémonie de présentation de vœux de l’Aïd El Fitr tenue dimanche au siège du ministère de la Défense nationale.
Dans un contexte mondial particulièrement préoccupant, où le droit international est ouvertement bafoué, où les conflits s’intensifient notamment dans la région du Golfe, où des pays souverains comme Cuba font l’objet de menaces et de pressions inédites, et où le monde a assisté, stupéfait, à des épisodes aussi scandaleux que l’enlèvement d’un président élu au Venezuela, les propos du chef d’état-major de l’ANP résonnent avec une gravité toute particulière. Le général d’armée Saïd Chanegriha a en effet dressé un tableau sans concession de la situation internationale, pointant une conjoncture « caractérisée par le retour de l’option de la guerre et des interventions militaires, le recul du rôle des organisations multilatérales et le mépris des règles du droit international », ce qui, a-t-il souligné, « affecte la souveraineté des États et leurs choix nationaux ».
Cette prise de parole, rapportée par la Télévision algérienne, intervient à un moment où l’architecture sécuritaire mondiale semble se fissurer de toutes parts, où les puissances agissent de plus en plus en dehors de tout cadre légal, et où les pays du Sud se retrouvent en première ligne des bouleversements en cours. Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale n’a d’ailleurs pas manqué de souligner les répercussions directes de ces turbulences sur les nations du Sud.
Face à cette réalité préoccupante, le général d’armée Chanegriha a estimé qu’il incombe à tous, et en premier lieu à l’institution militaire, de « sensibiliser l’opinion publique avec un grand professionnalisme et une prévoyance éclairée aux profonds bouleversements géopolitiques que connaît le monde, en particulier en ce qui concerne leurs répercussions sur les pays du Sud ». Un appel à la vigilance qui traduit la conscience aiguë des responsables militaires quant aux menaces qui pèsent sur la stabilité des nations souveraines dans un environnement international où la loi du plus fort tend à supplanter le droit. Le chef d’état-major a également présenté ses vœux de l’Aïd à l’ensemble des personnels de l’ANP et à leurs familles, priant « le Tout-puissant d’accorder à notre cher pays davantage de vecteurs de développement et de prospérité dans un climat de sécurité et de stabilité ». Il a par ailleurs évoqué la célébration du 64e anniversaire de la fête de la Victoire, le 19 mars, qualifiant cette date d’« événement historique et immortel qui nous rappelle cette grande victoire sur le colonisateur tyrannique, obtenue grâce aux sacrifices de millions d’Algériens et d’Algériennes ». Un rappel historique qui, dans le contexte actuel de remise en cause des souverainetés nationales, prend une dimension résolument contemporaine et sonne comme un avertissement : l’Algérie, forgée dans le combat pour son indépendance, reste vigilante face à toute tentative d’atteinte à la souveraineté des peuples.
Salim Amokrane

