Culture

4e édition de l’évènement « Holom » : Le théâtre s’invite dans les écoles de Tipasa

Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi accueille mercredi une conférence de presse autour du lancement de la quatrième saison du projet de développement théâtral « Holom » — le rêve, en arabe. Portée par la structure Elmokh Way Art et son fondateur Hocine Mokhtar, l’initiative bénéficie du soutien du ministère de la Culture et des Arts, sous l’égide de la ministre Malika Bendouda, ainsi que de l’appui du wali de Tipaza, Mohamed Amine Benchaouia. C’est dans cette wilaya côtière que le projet jette ses nouvelles ancres, après trois saisons marquantes à Mascara puis à Béchar. La conférence, co-organisée avec le directeur général du TNA, Mohamed Yahiaoui, constitue le coup d’envoi officiel d’un programme qui s’étend jusqu’au 4 juillet 2026. Elle est ouverte aux médias et à la communauté culturelle, et offre l’occasion de visionner un reportage sur la première saison, de présenter les résultats des éditions précédentes et de discuter en détail du calendrier de cette nouvelle édition. Le cœur du dispositif repose sur l’implantation d’ateliers de formation artistique dans quatorze écoles primaires réparties sur trois communes : Tipaza, Koléa et Bou Ismaïl. Ces ateliers, hebdomadaires à raison de douze séances par école, mobilisent une approche pluridisciplinaire mêlant dimensions artistiques, psychologiques, sociales et environnementales. L’objectif est d’accompagner les élèves dans le développement de leur expressivité, de leur créativité et de leur aptitude au travail collectif — autant de compétences que le théâtre cultive naturellement chez l’enfant.

Le programme se déploie selon un calendrier dense. Dès le 27 mars, un atelier d’écriture dramatique pour enfants ouvre le bal, animé dans un esprit de développement durable. S’enchaînent ensuite des sessions consacrées à l’éveil artistique sous la conduite de Khaled Belhadj, à l’improvisation avec Rabia Guichi, à la scénographie et à l’orientation du jeune comédien. Entre le 28 mars et le 6 avril, une heure quotidienne est réservée à la construction d’un spectacle, processus que les formateurs désignent comme « la fabrication du miel théâtral ». La présentation publique du fruit de ce travail est prévue le 7 avril, avant qu’une session dédiée à la sociologie de l’éducation ne vienne enrichir le cadre théorique le 11 avril.

La singularité de « Holom » tient aussi à sa volonté d’inscrire le théâtre dans la vie de la communauté scolaire au sens large. Entre le 8 et le 16 avril, les troupes constituées au fil des ateliers se produisent dans leurs établissements respectifs — à Bou Ismaïl, Koléa et Tipaza — devant un public composé d’élèves, d’enseignants et de parents. Ces derniers sont conviés à des rencontres spécifiques, où leur sont remis les programmes et autorisations, et où s’engage un dialogue sur l’apport du projet pour leurs enfants. Les représentations s’organisent sur deux créneaux horaires par jour et par école, selon un calendrier précis tenant compte des contraintes des équipes pédagogiques. Cette logistique, coordonnée avec la Direction de l’éducation nationale de Tipaza, témoigne du niveau de structuration atteint par un projet qui, à sa quatrième saison, a su construire des partenariats solides.

Un écosystème culturel mobilisé

La liste des institutions associées à cette édition donne la mesure de l’ambition collective qui sous-tend « Holom » : Direction de la culture et des arts de Tipaza, Maison de la culture Ahmed-Aroua, École régionale des beaux-arts, Bibliothèque principale, Office national de gestion des biens culturels protégés, Association Théâtre El Hara, Institut supérieur des métiers des arts du spectacle (ISMAS), Direction de l’environnement et Direction de la jeunesse et des sports. 

Au-delà de la mécanique du programme, c’est une vision de l’enfance que défend Hocine Mokhtar. Dans le texte de présentation du projet, il écrit que l’enfant possède un espace imaginaire immense : « il monte sur un tapis volant, tient une lanterne magique, et court après ses désirs. Mais à mesure qu’il grandit et se heurte au réel, cet espace se rétrécit. Si la conscience se développe sans être accompagnée, la lanterne, le tapis et le rêve finissent par disparaître ». Le théâtre, dans cette perspective, n’est pas un ornement pédagogique : il est le lieu où l’on apprend à garder vivant ce qui, sans soin, s’éteint. Le projet « Holom » se conclut en beauté avec un festival interscolaire prévu du 5 au 7 juillet, réunissant l’ensemble des troupes formées au cours de la saison. Ce sont les enfants eux-mêmes qui monteront sur scène, portant les fruits d’un travail de plusieurs mois — et peut-être, quelque chose qui ressemble à un rêve devenu réel.

Mohand S.

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