Cisjordanie occupée : Les colons intensifient la terreur, la communauté internationale horrifiée
Des colons sionistes ont incendié des bâtiments administratifs et des véhicules appartenant à des Palestiniens dans les villes de Jénine et de Naplouse, en Cisjordanie occupée, dans la nuit de samedi à dimanche, sous la protection des forces d’occupation. Ces nouvelles exactions surviennent alors que la communauté internationale multiplie les signaux de rupture avec l’entité sioniste, Berlin ayant annoncé ce week-end le retrait de son soutien à Israël dans la procédure pour génocide engagée devant la Cour internationale de justice.
Selon le Croissant-Rouge palestinien, plusieurs véhicules ont été incendiés lors de raids menés par des colons contre les villages de Jaloud et Qaryout, dans la région de Naplouse. Dans le village de Jalud, également situé dans le nord de la Cisjordanie occupée, un centre médical a été réduit en cendres. Des graffitis en hébreu ont par ailleurs été inscrits sur la mosquée Hassan Al-Zoubi, et une maison dans le village de Fandaqumiya a été détruite. Ces actes s’inscrivent dans une séquence de violence coloniale qui s’intensifie depuis plusieurs semaines dans les territoires palestiniens occupés. La réaction internationale n’a pas tardé. Dès samedi, des missions diplomatiques européennes basées à El Qods-occupée et à Ramallah ont condamné l’escalade des attaques perpetrées par les colons et l’armée sionistes contre la population palestinienne, réclamant des sanctions contre les auteurs de ces agressions. Le lendemain, le Parlement arabe a qualifié ces actes de terrorisme organisé. Son président, Mohammed bin Ahmed Al-Yamahi, a déclaré que les meurtres, intimidations et incendies de maisons constituaient un terrorisme délibérément soutenu par l’entité occupante, en violation flagrante du droit international humanitaire et des Conventions de Genève. Il a appelé le Conseil de sécurité à inscrire les colons responsables sur les listes internationales du terrorisme et à garantir une protection effective au peuple palestinien.
Al-Yamahi a également dénoncé ce qu’il a qualifié de plan structuré visant à modifier la réalité démographique et territoriale de la Cisjordanie, à imposer une politique du fait accompli et à effacer les droits historiques et juridiques des Palestiniens. Il a rappelé que ces agissements contredisent la résolution 2334 du Conseil de sécurité ainsi que l’avis consultatif de la CIJ sur l’illégalité de l’occupation et de la colonisation.
Sur le plan juridique international, un tournant significatif s’est produit ce week-end. L’Allemagne a officiellement retiré son soutien à l’entité sioniste dans la procédure pour génocide initiée par l’Afrique du Sud devant la CIJ. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand, Josef Hinterseher, a justifié cette décision par le fait que Berlin est désormais elle-même partie à une procédure contentieuse devant la même juridiction, suite à la plainte déposée par le Nicaragua au printemps 2024, qui accuse l’Allemagne de complicité dans les actions d’Israël en fournissant des armes. En janvier 2024, Berlin avait pourtant rejeté les accusations d’Afrique du Sud comme sans fondement, avant d’annoncer son intention d’intervenir en faveur de l’entité sioniste. Ce revirement marque une inflexion notable dans la position allemande. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a par ailleurs confirmé, lors d’un point presse à Berlin lundi, que l’Allemagne soutiendrait les sanctions de l’Union européenne contre les colons responsables de violences en Cisjordanie, tout en précisant que la décision finale relève de Bruxelles.
Ces développements diplomatiques se produisent sur fond de bilan humain qui continue de s’alourdir à Ghaza. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait, depuis le 7 octobre 2023, 72 263 martyrs et 171 944 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières heures, neuf corps ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza et trente blessés pris en charge, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 687 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1 845 autres ont été blessés, et les corps de 756 martyrs ont pu être récupérés.
L.S.

