Champ de Kafra au Niger : Sonatrach lancera les forages en avril
Le groupe Sonatrach lancera dès avril prochain les travaux de forage de puits au champ de Kafra, au Niger, concrétisant ainsi un partenariat stratégique algéro-nigérien qui confirme l’ambition d’Alger de projeter son expertise pétrolière au-delà de ses frontières.
C’est à Niamey, en marge de la deuxième session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne de coopération, que l’annonce a été faite. Hakim Zebiri, directeur de la coopération internationale au ministère algérien de l’Énergie, des Hydrocarbures et des Mines, a confirmé mardi que les opérations de forage débuteraient dans les tout prochains jours, dès réception du matériel et des fournitures nécessaires, selon une déclaration rapportée par l’agence officielle APS. La session de la commission mixte, tenue les 23 et 24 mars dans la capitale nigérienne, a été coprésidée par les Premiers ministres des deux pays, M. Sifi Ghrieb côté algérien et M. Ali Lamine Zeine Mahaman côté nigérien, en présence d’importantes délégations ministérielles et de hauts responsables gouvernementaux. Le projet de Kafra, fruit de plusieurs études achevées en amont, représente bien davantage qu’une simple opération de forage. Il constitue une étape tangible dans la valorisation des ressources énergétiques du Niger, pays sahélien qui cherche à développer son potentiel pétrolier encore largement sous-exploité. Hakim Zebiri a d’ailleurs souligné « l’excellent niveau de coopération » entre Alger et Niamey dans le domaine des hydrocarbures, évoquant une « dynamique positive » portée par une volonté politique forte au plus haut sommet des deux États. Cette coopération énergétique s’inscrit dans un cadre plus large de rapprochement diplomatique et économique entre l’Algérie et le Niger, dans un contexte géopolitique sahélien profondément reconfiguré ces dernières années.
Des blocs d’exploration supplémentaires
Signe de la confiance accordée à l’expertise algérienne, le Niger a proposé l’octroi de blocs d’exploration supplémentaires à Sonatrach, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’investissement. Les deux parties sont également convenues de renforcer les programmes de formation des cadres nigériens dans les différentes spécialités liées aux hydrocarbures et d’accompagner Niamey dans la mise en place d’un laboratoire spécialisé pour l’analyse des échantillons de pétrole, contribuant au développement des capacités techniques et scientifiques du pays. La cérémonie de signature du mémorandum d’entente entre les deux pays dans le domaine des hydrocarbures a été présidée conjointement par les deux Premiers ministres, en présence d’un vaste contingent ministériel et de hauts responsables, comme l’a précisé Sifi Ghrieb lors d’une déclaration rapportée en marge de la session. Ce document-cadre formalise un engagement bilatéral global couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures. Le mémorandum définit les modalités de coopération dans l’exploration, le forage, la production, la formation des ressources humaines, le transfert de technologies et le renforcement des capacités institutionnelles et scientifiques du Niger dans le secteur pétrolier. Concrètement, le mémorandum prévoit en premier lieu le déploiement opérationnel de Sonatrach sur le champ de Kafra, Le volet formation et développement des compétences constitue un autre pilier majeur du mémorandum. Les deux parties sont convenues de renforcer substantiellement les programmes de formation des cadres nigériens dans les différentes spécialités liées aux hydrocarbures, couvrant tant les métiers de l’exploration et de la production que ceux de la gestion, de l’ingénierie de réservoir et de la maintenance industrielle. Sonatrach, forte de ses centres de formation internes et de ses six décennies d’expérience dans l’exploitation des hydrocarbures, s’engage ainsi à transférer un savoir-faire opérationnel qui fait cruellement défaut au Niger, dont les institutions pétrolières sont encore en phase de structuration. Le mémorandum prévoit également l’accompagnement du Niger dans la mise en place d’un laboratoire spécialisé pour l’analyse des échantillons de pétrole. Cette infrastructure, essentielle à toute industrie pétrolière souveraine, permettra à Niamey de disposer de capacités propres d’évaluation de la qualité de ses bruts, d’analyse géochimique et de caractérisation des réservoirs, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis de laboratoires étrangers.
Samira Ghrib

