Économie

Le méga-projet minier de Béjaïa entre en phase décisive : L’Algérie bientôt sur la carte des grands producteurs mondiaux de zinc

Le projet minier de zinc et de plomb de Tala Hamza, dans la wilaya de Béjaïa, s’apprête à propulser l’Algérie parmi les plus importants producteurs de zinc au monde, renforçant ainsi la stratégie nationale de diversification économique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures. Selon le site spécialisé Business Insider Africa, ce gisement pourrait devenir l’un des plus grands au monde, repositionnant Alger comme un acteur de premier plan sur les marchés des matières premières stratégiques, dans un contexte mondial marqué par une demande croissante en métaux liés à la transition énergétique et aux infrastructures numériques. D’après la même source, la société minière australienne Terramin, chargée du développement du site, a engagé les démarches nécessaires pour faire passer le projet au stade de développement avancé, après avoir surmonté d’importants obstacles fonciers. La valeur globale du projet est estimée à 471 millions de dollars. L’enjeu foncier, qui avait longtemps constitué un frein majeur, a été résolu à la suite d’une opération gouvernementale d’envergure ayant mobilisé près de 30 millions de dollars, destinée à l’acquisition des terrains. Cette étape, qualifiée de charnière par les observateurs, a inclus des études de faisabilité et des investigations géotechniques approfondies. Sur le terrain, Terramin a d’ores et déjà entamé la réalisation d’activités concrètes au sein du périmètre minier, notamment la suppression de la zone d’exclusion, le développement des voies d’accès et la construction des installations logistiques nécessaires. Le président du conseil d’administration de la société australienne a déclaré dans ce sens que le site de Tala Hamza constituait une étape stratégique majeure, soulignant que la résolution de la question de l’accès aux terres représentait la principale avancée opérationnelle. Le gisement de Tala Hamza est considéré comme l’un des plus importants gisements de zinc et de plomb non encore exploités à l’échelle mondiale. Ses réserves sont estimées à 53 millions de tonnes, avec une teneur de 5,3 % en zinc et de 1,3 % en plomb. Les prévisions tablent sur une durée d’exploitation pouvant atteindre vingt ans. Selon une étude de faisabilité réalisée en 2018, la production annuelle pourrait s’élever à environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Sur le plan capitalistique, la structure de propriété du projet se répartit entre l’État, qui détient 51 % des parts, et la société Terramin, qui en possède 49 %. Cette configuration garantit le contrôle souverain de l’Algérie sur ses ressources stratégiques tout en bénéficiant du savoir-faire technologique étranger. La dimension stratégique du projet est par ailleurs attestée par la visite de responsables gouvernementaux de haut rang, dont le Premier ministre, lors de cérémonies de lancement des travaux. Les enjeux sont considérables.Ce projet s’inscrit pleinement dans la politique de diversification économique poursuivie par les autorités, qui cherchent à élargir le secteur minier pour réduire la dépendance structurelle aux recettes pétrolières et gazières. À l’heure où les cours des hydrocarbures demeurent volatils et où la transition énergétique mondiale redistribue les cartes géoéconomiques, le développement d’une filière minière compétitive représente pour l’Algérie un levier crucial de création de richesse, d’emplois qualifiés et de recettes en devises. Le zinc, métal essentiel dans les secteurs de la galvanisation, des batteries et de l’industrie automobile, bénéficie d’une demande mondiale soutenue, ce qui confère au projet de Tala Hamza une rentabilité potentielle élevée sur le long terme. En outre, la mise en production de ce gisement géant pourrait faire de l’Algérie un fournisseur incontournable pour les marchés internationaux, offrant ainsi un avantage géostratégique supplémentaire dans les négociations commerciales internationales. Les autorités algériennes ont d’ailleurs intensifié ces derniers mois leurs efforts pour moderniser le cadre réglementaire minier et encourager les investissements étrangers dans ce secteur longtemps sous-exploité.

Sabrina Aziouez

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