Palestine occupée : La Chine exige des « mesures irréversibles » pour la solution à deux États
La Chine a haussé le ton, mardi, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Fu Cong, représentant permanent de Pékin auprès de l’ONU, a averti que « la question palestinienne se détériore à un rythme accéléré » et que « les fondements de la solution à deux États risquent d’être encore davantage érodés ». Il a appelé la communauté internationale à « faire preuve d’une forte volonté politique et à prendre des mesures décisives » pour parvenir, dans les meilleurs délais, à « une solution globale, juste et durable ». Surtout, le diplomate chinois a exigé que la question palestinienne ne soit pas, une fois de plus, reléguée au second plan par l’actualité régionale — une mise en garde à peine voilée au moment où la guerre en Iran accapare toutes les attentions des chancelleries occidentales. Sur le fond, Pékin a réclamé que l’entité sioniste respecte pleinement l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, lève toutes les restrictions à l’accès humanitaire, ouvre sans délai les points de passage frontaliers et cesse ses attaques contre les organisations humanitaires, en particulier l’UNRWA. « La situation à Ghaza touche aux fondements mêmes de la morale internationale », a tranché Fu Cong. Ces appels résonnent sur un terrain où le sang palestinien n’a pas cessé de couler. Les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué mercredi un nouveau bilan : 72.265 martyrs et 171.959 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Dans les seules dernières 24 heures, deux corps supplémentaires ont été acheminés vers les hôpitaux, et onze blessés supplémentaires recensés — tandis que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 689 Palestiniens sont tombés en martyrs, 1.860 autres ont été blessés et les corps de 756 martyrs ont pu être récupérés. Mardi soir, quatre Palestiniens ont encore perdu la vie dans une frappe aérienne de l’armée sioniste ayant ciblé un groupe de civils à proximité du cimetière d’Al-Sawarha, au nord du village d’Al-Zawaida, dans le centre de la bande de Ghaza. Pendant ce temps, à Ramallah, les organisations de prisonniers palestiniens ont lancé mercredi un appel urgent aux « peuples libres du monde » pour faire obstacle à un projet de loi autorisant la peine de mort contre les détenus palestiniens. La commission de la sécurité nationale de l’occupation sioniste a approuvé ce texte, qui doit être soumis à un vote d’approbation la semaine prochaine. Les organisations signataires dénoncent un aboutissement logique d’un système qu’elles décrivent comme « des mécanismes intégrés de torture systématique », destinés à éliminer les prisonniers palestiniens. Elles pointent la « complicité internationale » et « l’abandon des responsabilités juridiques et morales » comme les facteurs ayant permis à l’occupation de franchir ce nouveau seuil. De nombreuses lettres ont été adressées aux organes onusiens des droits de l’homme et aux missions diplomatiques pour alerter sur ce qu’elles qualifient de « développements rapides et dangereux ».
L.S.

