Malgré une légère hausse en janvier : Le taux d’inflation reste stable
L’indice des prix à la consommation repart à la hausse en ce début d’année, après un mois de décembre quasi stable. Les chiffres de l’Office national des statistiques révèlent une inflation contenue sur un an, mais des tensions persistantes sur certains produits du quotidien. Selon les données publiées par l’Office national des statistiques (ONS) dans son bulletin mensuel n° 362 (février 2026), l’Indice brut des prix à la consommation de la ville d’Alger a enregistré une hausse de 1,4 % en janvier 2026 par rapport au mois précédent, contre seulement +0,1 % en décembre 2025 et +0,4 % en janvier 2025. Une accélération mensuelle notable, même si elle s’inscrit dans les mouvements saisonniers habituels du début d’année. Au niveau national, la hausse mensuelle est légèrement plus modérée, à +1,1 %, mais confirme la même orientation. C’est l’alimentation qui tire l’essentiel de cette remontée. Les prix des biens alimentaires bondissent de 1,9 % sur le mois à Alger, sous l’effet principalement des produits agricoles frais, dont l’indice progresse de 3,6 %. La pomme de terre affiche la hausse la plus marquée avec +9 % en un mois, suivie par la viande et les abats de mouton (+6,8 %) et les poissons frais (+5,7 %). À l’inverse, les œufs reculent de 5,7 %, la viande de poulet de 0,2 % et les légumes de 0,4 %, témoignant de la volatilité caractéristique des marchés de produits frais en période hivernale. Les produits alimentaires industriels, quant à eux, restent pratiquement stables (+0,1 %), signe que les tensions inflationnistes ne se sont pas encore transmises à l’aval des filières de transformation.
Au-delà de l’alimentaire, les biens manufacturés progressent de 0,9 % sur le mois à Alger et les services de 1 %. Ces deux catégories présentent en revanche un glissement annuel préoccupant : les biens manufacturés affichent une hausse de 9 % sur un an à Alger, confirmant une pression structurelle sur les produits industriels importés, vraisemblablement liée à l’évolution du taux de change et au renchérissement des intrants. Les services progressent, eux, de 1,1 % sur la même période.
La lecture en glissement annuel donne toutefois un tableau plus nuancé. En janvier 2026 par rapport à janvier 2025, la variation globale des prix à Alger s’établit à +2,7 %, et au niveau national également à +2,7 %. Le rythme d’inflation annuel glissant — calculé sur douze mois de février 2025 à janvier 2026 par rapport aux douze mois précédents — ressort à +1,3 %, un chiffre qui reste modéré. À titre de comparaison, l’année 2025 s’était clôturée sur un rythme annuel de +1,4 %, en nette décélération par rapport aux +4,1 % enregistrés en 2024. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’alimentation avait même affiché une variation négative, les baisses de prix des produits frais et industriels ayant plus que compensé la hausse des biens manufacturés.
Corrigé des variations saisonnières, l’IPC de janvier 2026 ressort à +1,5 % par rapport à décembre 2025, confirmant que la hausse mensuelle brute n’est pas intégralement imputable à l’effet saisonnier et traduit également une pression réelle sur les prix. Ces données, issues du bulletin n° 362 de l’ONS, sont établies à partir d’un échantillon couvrant onze secteurs géographiques d’Alger et dix-sept villes représentatives à l’échelle nationale, pour un indice dont l’année de base est 2001.
Sabrina Aziouez

