Liban : Un Casque bleu tué dans une attaque israélienne
Un soldat indonésien de la FINUL mort, quatre civils fauchés sur un marché de Bint Jbeil, plus de 1 200 martyrs depuis le 2 mars : le sud du Liban saigne sous des bombardements israéliens qui n’épargnent ni les civils ni les forces onusiennes. Un Casque bleu indonésien servant au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban a été tué dimanche, et un autre grièvement blessé, après qu’un projectile a frappé une position de la FINUL près de la localité d’Adchit el-Kousayr, dans le sud du Liban. L’incident illustre avec une brutalité nouvelle l’escalade en cours depuis le 2 mars, date à laquelle l’entité sioniste a repris ses bombardements intensifs sur le territoire libanais, foulant aux pieds l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024. Dans son communiqué, la FINUL a présenté ses condoléances et déclaré solennellement que « personne ne devrait perdre la vie en servant la cause de la paix ». Une formule qui sonne comme un réquisitoire contre celui qui tire. Le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a, pour sa part, « condamné fermement l’incident », tandis que Jakarta exprimait « ses plus sincères condoléances » via son ministère des Affaires étrangères. Des mots. Face aux bombes, des mots. Ce n’est pas la première fois que la force onusienne essuie les feux israéliens dans le sud libanais. La semaine précédente, la FINUL avait déjà signalé que des projectiles tirés par l’armée d’occupation israélienne avaient visé son quartier général à Naqoura. Une récidive qui ne relève plus de l’incident isolé mais d’un schéma délibéré : frapper sans discrimination, y compris les représentants de la communauté internationale mandatés pour observer et protéger.
Pendant ce temps, le sang des civils libanais continue de rougir les ruelles du sud. Lundi, un bombardement israélien a tué quatre personnes sur un marché du centre de Bint Jbeil, selon l’Agence nationale de l’information libanaise. Quatre vies arrachées dans l’espace ordinaire du quotidien — un marché, des étals, des passants. Le même jour, le ministère libanais de la Santé faisait état de neuf morts et 137 blessés dans les seules 24 heures écoulées. Depuis la reprise des hostilités le 2 mars, le bilan total s’établit désormais à 1 247 martyrs et 3 680 blessés, des chiffres qui s’alourdissent d’heure en heure.
Ce retour à la guerre ouverte intervient dans un contexte de violation caractérisée du droit international. L’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 prévoyait le retrait des forces israéliennes des villages frontaliers du sud dans un délai de 60 jours, prolongé ensuite jusqu’au 18 février 2025. L’entité sioniste s’est maintenue sur cinq points de positionnement et a multiplié les violations avant de déclencher, le 2 mars, une nouvelle vague d’agression qui ressemble à une guerre sans nom officiel mais avec des morts bien réels.
L.S.

