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Pour briser le blocus sioniste : Une nouvelle flottille internationale prend la mer pour Ghaza

Un 30 mars sous les bombes et sous les drapeaux : tandis que le peuple palestinien commémore la Journée de la Terre, une flottille internationale appareille de Marseille pour briser le blocus de Ghaza, où le génocide a déjà fauché 72 280 martyrs. Il y a cinquante ans, le 30 mars 1976, six jeunes Palestiniens tombaient sous les balles de l’occupant lors d’un soulèvement contre la dépossession de leurs terres dans le nord et le sud de la Palestine. Leur sang a fondé une date, une mémoire, une résistance. En ce 30 mars 2026, la Journée de la Terre résonne avec une acuité particulièrement douloureuse : Ghaza est en cendres, la Cisjordanie saigne, Al-Qods est verrouillée, et le bilan de l’agression génocidaire sioniste s’élève désormais à 72 280 martyrs et 172 014 blessés depuis le 7 octobre 2023. Mais la Palestine, elle, refuse de disparaître. C’est ce refus que deux bateaux partiront incarner depuis le port de Marseille le 4 avril prochain. L’Association France Palestine Solidarité (AFPS), à la tête d’une coalition d’une trentaine d’organisations — parmi lesquelles Urgence Palestine, Attac, l’Union syndicale Solidaires, des fédérations de la CGT et La France insoumise — a annoncé leur participation à une flottille internationale d’une centaine de navires dont l’objectif déclaré est de forcer le blocus sioniste et d’atteindre la bande de Ghaza. « Notre message est essentiellement politique », a affirmé Claude Léostic, de l’AFPS, lors d’une conférence de presse à Paris. Elle a rappelé que cette initiative exprime une « solidarité avec le peuple palestinien qui est sous génocide et blocus à Ghaza et soumis à une violence coloniale épouvantable en Cisjordanie occupée dont El Qods-Est ». Les deux bateaux transporteront également médicaments et nourriture, dans une enclave où le système de santé a été méthodiquement détruit. Léostic ne se fait guère d’illusions sur les risques, mais maintient une espérance lucide : « Avec 100 bateaux, on a des chances que certains passent. Et si certains passent et arrivent jusqu’à Ghaza, symboliquement c’est extrêmement fort, le blocus aura été brisé. » Elle ajoute, avec une émotion retenue : « Les amis palestiniens que nous avons à Ghaza nous disent, « venez, on vous attend ». » Un appel qui traverse les décombres et les checkpoints pour rappeler que derrière les chiffres, des êtres humains attendent encore.

Ces chiffres, justement, sont vertigineux. Depuis la reprise des hostilités après la trêve, 704 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1 914 autres ont été blessés. Au total, 172 014 blessés recensés, en majorité des femmes et des enfants, dont de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres. Un génocide documenté, comptabilisé, dénoncé — et qui continue. Pendant ce temps, la Cisjordanie vit sa propre agonie silencieuse. En 2025, l’occupant sioniste a spolié 5 571 donam de terres palestiniennes, tandis que 23 827 agressions de colons et de soldats étaient recensées contre des civils et leurs biens. Depuis le début de 2026, ce sont déjà 3 837 nouvelles agressions. Hassan Khater, directeur du Centre international d’Al-Qods, décrit « la pire année en raison des opérations d’expropriation et de l’apparition du phénomène récent de la colonisation pastorale qui absorbe de grandes surfaces de terres appartenant aux Palestiniens ». Al-Aqsa, elle, reste fermée pour le deuxième mois consécutif. Ahmad Abou Holi, chef du département des affaires des réfugiés, avertit que « le peuple palestinien fera échouer les plans sionistes », appelant la communauté internationale à « assumer ses responsabilités légale, politique et morale ».

À Genève, des experts onusiens ont haussé le ton sur un autre front : celui des prisonniers. Les rapporteurs spéciaux Tlaleng Mofokeng et Ben Saul ont exigé lundi la libération « immédiate » du Dr Hussam Abu Safiya, ancien directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de Ghaza, arrêté en décembre 2024 après avoir refusé d’abandonner le dernier établissement de santé encore en activité dans la zone. Selon les experts, il a subi des « tortures graves », s’est vu « systématiquement refuser les examens médicaux et les traitements indispensables », et son état de santé « reste critique ». Amnesty International qualifie son arrestation de « reflet du ciblage systématique des professionnels de santé palestiniens ». L’OMS recense plus de 930 attaques contre le secteur sanitaire de Ghaza depuis octobre 2023, et au moins 1 722 soignants ont été tués en deux ans — soit plus de deux par jour. En cette Journée de la Terre, la Palestine n’est pas seulement une cause. Elle est un peuple vivant, résistant, qui attend des bateaux et exige des comptes.

L.S.

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