Mondial 2026 : L’Afrique écrit sa plus belle page
Pour la première fois de son histoire, l’Afrique alignera dix représentants lors d’une phase finale de Coupe du monde. La qualification arrachée mardi soir par la République Démocratique du Congo face à la Jamaïque a bouclé un tableau africain inédit, symbole d’un football continental en pleine ascension, à quelques semaines d’un Mondial qui s’annonce comme le plus grand de tous les temps.
C’est dans la fièvre d’un barrage intercontinental à couper le souffle que les Léopards congolais ont décroché leur précieux sésame. Une victoire 1-0 après prolongation face à la Jamaïque, suffisante pour valider un retour sur la scène mondiale qui n’avait plus eu lieu depuis plus d’un demi-siècle, la RD Congo n’ayant participé qu’une seule fois à une Coupe du monde, en 1974 en Allemagne de l’Ouest. Ce résultat, acquis dans l’effort et la sueur, clôt une campagne de qualifications africaine qui restera dans les annales. Le continent noir compte désormais dix représentants pour le Mondial 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet prochain : l’Algérie, le Sénégal, le Maroc, l’Égypte, le Ghana, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud et donc la RD Congo. Un record absolu, rendu possible par l’élargissement historique de la compétition à 48 équipes, que la Confédération africaine de football (CAF) perçoit comme « le reflet des investissements consentis sur le continent en matière de formation, d’infrastructures et d’encadrement technique ». Car au-delà du chiffre, c’est bien une tendance de fond qui se confirme. Jamais auparavant le continent africain n’avait envoyé autant de représentants à une phase finale de Coupe du monde. Cette présence record illustre, selon la CAF elle-même, « la progression constante du football africain ces dernières années », une évolution que les observateurs attribuent à la professionnalisation croissante des championnats locaux, à la dispersion des joueurs africains dans les meilleures ligues européennes et à une politique de détection des talents de plus en plus structurée. L’Afrique ne se contente plus de participer : elle entend désormais peser dans les grands rendez-vous du football mondial.
Parmi les dix nations qualifiées, certaines vivront une expérience inédite. Le Cap-Vert foulera pour la première fois de son histoire les pelouses d’un Mondial, une consécration pour ce petit archipel atlantique qui a su bâtir, patiemment et méthodiquement, une sélection compétitive capable de rivaliser avec les plus grandes nations du continent. D’autres, plus aguerries, aborderont cette édition avec l’ambition de franchir un palier supplémentaire. Le Sénégal, qui avait atteint les huitièmes de finale au Qatar en 2022, et le Ghana, fort d’une tradition mondiale bien établie, nourriront sans doute des ambitions au-delà du premier tour. Le Maroc, lui, reste auréolé de son exploit retentissant du Mondial qatarien, où les Lions de l’Atlas avaient créé la sensation en atteignant le dernier carré de la compétition.
L’Algérie, de son côté, signe un retour très attendu sur la scène mondiale après avoir manqué les deux précédentes éditions, en Russie en 2018 et au Qatar en 2022. Les Fennecs, emmenés par le sélectionneur Vladimir Petkovic, aborderont ce Mondial avec la ferme intention de renouer avec leurs meilleures heures internationales. Le souvenir de 2014 au Brésil reste vivace dans la mémoire collective : une qualification historique pour les huitièmes de finale, une sortie cruelle face à l’Allemagne, futur champion du monde, sur le score de 2-1 après prolongation. 12 ans plus tard, les Verts rêvent de retrouver, voire de dépasser, ce niveau d’excellence. Pendant ce temps, le tableau mondial se complétait avec les dernières qualifications européennes. La Bosnie-Herzégovine, la Suède, la Turquie et la République tchèque avaient arraché mardi soir les quatre dernières places réservées au Vieux Continent. Et c’est finalement l’Irak qui a obtenu mercredi le tout dernier billet de ce Mondial à 48 équipes, au terme d’un processus de qualification planétaire d’une intensité inégalée. Avec dix équipes engagées, l’Afrique s’apprête donc à vivre son Mondial le plus ambitieux. Au-delà de la fierté légitime que suscite ce record, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le football du continent, appelé à démontrer, sur les plus grandes scènes américaine, canadienne et mexicaine, qu’il a définitivement rejoint le cercle des puissances mondiales du ballon rond.
Moncef D.

