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Annaba : Les pêcheurs face aux intempéries et aux défis structurels

Les récentes intempéries ont mis en lumière la précarité des pêcheurs d’Annaba, qui réclament la reconnaissance de leur métier comme «activité difficile» et un renforcement de leur couverture sociale. Entre aléas climatiques, pression économique et ressources halieutiques sous tension, ces professionnels de la mer exigent des garanties pour sécuriser leurs revenus et leur avenir face aux périodes d’inactivité forcée. Déjà confrontés aux difficultés inhérentes à leur métier, les pêcheurs d’Annaba voient leur activité fortement perturbée par les intempéries qui touchent régulièrement la région. Ces interruptions, souvent prolongées, entraînent une perte de revenus immédiate, affectant particulièrement les travailleurs journaliers, qui représentent près de 60 % de la main-d’œuvre du secteur. L’Association des armateurs et professionnels de la pêche réclame depuis plusieurs années que le métier de pêcheur soit officiellement inscrit parmi les «métiers difficiles», ouvrant droit à une couverture sociale renforcée. Selon ses représentants, cette reconnaissance est indispensable pour un secteur vital pour l’économie locale et nationale. Les marins-pêcheurs doivent en effet gérer des charges lourdes, des postures contraignantes, une exposition aux risques maritimes et une forte pression mentale, souvent dans des conditions météorologiques imprévisibles et dangereuses. Les contraintes dépassent la seule pénibilité physique. La période de régénération de la faune marine impose un arrêt forcé d’environ quatre mois, auxquels s’ajoutent les arrêts fréquents dus aux intempéries ou aux aléas de la mer. Ces périodes d’inactivité, assimilables à un chômage forcé, accentuent la vulnérabilité socioéconomique des pêcheurs, déjà confrontés à la hausse des prix du carburant, au coût élevé des équipements et à la baisse des prix des produits de la mer. Les ressources halieutiques de la région subissent également la pression de la surpêche, de la pollution et des changements climatiques, réduisant la disponibilité des espèces et obligeant parfois les pêcheurs à s’aventurer plus loin en mer pour maintenir leurs captures. Ces conditions renforcent l’urgence d’un système de protection sociale adapté, incluant des indemnités pendant les périodes d’inactivité et une meilleure couverture des risques professionnels, à l’image des mesures observées lors de la crise sanitaire de la Covid-19 entre 2020 et 2022. Le secteur de la pêche maritime à Annaba regroupe aujourd’hui 7.695 pêcheurs, dont 2.941 permanents et 4.754 journaliers, ce qui souligne l’importance d’une prise en charge sociale adaptée aux réalités de la profession. Pour les acteurs du secteur, la sécurité et la stabilité sociale des pêcheurs sont désormais des priorités incontournables pour garantir la pérennité de cette activité stratégique face aux aléas de la mer et aux défis économiques et environnementaux.

Sofia Chahine

admin

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