Djilali appelle les jeunes leaders à investir le champ politique : « 2026 est une année de rendez-vous »
À Oran, devant près d’un millier de jeunes porteurs de projets réunis pour le premier forum national DZ Young Leaders, la ministre des Relations avec le Parlement a lancé un appel direct à la jeunesse algérienne : investir le champ politique aux prochaines échéances locales et législatives. Un message politique assumé, adressé à une génération que le gouvernement entend placer au cœur de son projet institutionnel. C’est dans le cadre de la deuxième journée de ce forum, organisé à Oran, que Nadjiba Djilali a pris la parole vendredi lors d’une session de dialogue de haut niveau consacrée aux « valeurs et à la conscience du leadership ». L’événement, lancé la veille par le ministre de la Jeunesse Mustapha Hidaoui en présence de plusieurs membres du gouvernement, réunit quelque 1 000 jeunes issus de toutes les wilayas du pays, chacun porteur d’un projet impliquant au moins dix participants. Il constitue l’étape finale du premier parcours du programme DZ Young Leaders, initiative nationale qui a mobilisé, selon le responsable du programme Abdelkrim Messaoudi, plus de 75 000 jeunes Algériens depuis son lancement. Le message de la ministre a été direct. « 2026 est une année de changement et d’échéances électorales locales et législatives », a-t-elle déclaré. « Soyez au rendez-vous, tous les mécanismes constitutionnels et législatifs sont en votre faveur. Il vous appartient de vous armer de volonté et de travail pour bâtir une génération de leaders efficaces. » L’appel intervient dans un contexte précis : les élections locales et législatives attendues cette année représentent une occasion de renouveler les assemblées élues et d’y faire entrer une jeunesse mieux formée et plus engagée. Pour Djilali, ce moment n’est pas le fruit du hasard mais l’aboutissement d’un processus engagé depuis 2020. Elle a souligné que « le processus d’autonomisation des jeunes en Algérie est passé de la phase des slogans et des débats théoriques, qui ont prévalu depuis le début du millénaire, à une phase de concrétisation constitutionnelle et institutionnelle, grâce à la Constitution de 2020 ». Cette révision constitutionnelle avait notamment introduit des dispositions favorisant la représentation des jeunes dans les assemblées élues et institué le Conseil supérieur de la jeunesse. La ministre a précisé que « cette orientation a permis la création d’organismes d’accompagnement et de soutien, notamment le Conseil supérieur de la jeunesse, ouvrant ainsi largement la voie à l’encadrement des énergies juvéniles dans des cadres juridiques solides ». Sur le terrain économique, Djilali a voulu rassurer son auditoire sur l’existence d’un environnement institutionnel favorable à l’initiative. Elle a salué le rôle du ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises dans la création d’un cadre propice à l’entrepreneuriat des jeunes, insistant sur la complémentarité des institutions de l’État dans cet accompagnement. Mais c’est sur la posture attendue des jeunes leaders que la ministre s’est montrée la plus exigeante. Elle a appelé ceux qui s’impliquent dans la société civile et l’action politique à faire preuve de « sagesse dans le leadership », insistant sur la nécessité d’adopter « un discours responsable, conscient et fondé sur des informations précises et fiables, afin de garantir un impact positif sur l’opinion publique ». Une mise en garde implicite contre les dérives d’une communication numérique souvent plus soucieuse de visibilité que de rigueur. Pour illustrer son propos, Djilali a puisé dans sa propre trajectoire. Ancienne présidente d’une assemblée populaire de wilaya, elle a évoqué l’exemple d’un conseil élu à forte dominante jeune — « 40 jeunes sur 55 membres » — dont le succès tenait, selon elle, non pas aux appartenances partisanes mais à un travail collectif dans « un esprit de famille unie » et à la primauté de « l’intérêt supérieur du citoyen ». Une façon de répondre par l’exemple aux sceptiques qui doutent de la capacité des jeunes à gouverner des institutions locales. Son message de fond aux participants a été dépouillé de tout vernis : « L’objectif ne doit pas être simplement d’accéder à un poste ou d’ambitionner un portefeuille ministériel, mais de respecter ses engagements, atteindre ses objectifs et servir le citoyen à chaque étape. » Une formule qui résume assez bien l’ambition affichée du programme DZ Young Leaders : former non pas des carriéristes, mais des responsables.
Le forum, qui s’achève samedi, couvre en trois journées un spectre large : leadership et valeurs, production de contenu numérique, planification stratégique personnelle, innovation et transformation numérique. Plus de 5 000 participants ont élaboré des feuilles de route pour des projets concrets dans des secteurs aussi variés que la santé, l’environnement, le tourisme et la solidarité. Mille d’entre eux ont été sélectionnés pour bénéficier d’un accompagnement approfondi sur une année, à travers les trois parcours successifs du programme.
Malik Meziane

