Économie

Mines et hydrocarbures : L’Algérie et le Tchad scellent un partenariat stratégique

L’Algérie et le Tchad ont franchi un pas décisif dans le renforcement de leur coopération minière et énergétique. En marge du Salon international de Fer, de l’Acier et des Produits Miniers (Metal Steel & Mining Algeria expo 2026), qui s’est tenu du 30 mars au 1er avril au Palais des expositions des Pins maritimes d’Alger, les deux pays ont multiplié les rencontres de haut niveau et concrétisé leurs échanges par la signature d’un protocole d’accord entre le groupe industriel minier algérien Sonarem et son homologue tchadien, la SONEMIC. La cérémonie de signature s’est déroulée au siège de Sonarem, sous la supervision du PDG du groupe, Reda Belhadj, en présence du directeur général adjoint de la SONEMIC, Nasser Taha Abdeldjelil. Selon le communiqué du groupe, cet accord vise à « promouvoir les relations de coopération et à définir le cadre régissant les conditions et mécanismes de coordination entre les deux parties, afin de renforcer l’efficacité du travail commun et d’atteindre les objectifs fixés ». Le protocole couvre plusieurs axes prioritaires : le développement de la recherche géologique et de l’exploration minière, l’échange de technologies et d’expertises dans le domaine de l’exploitation minière durable, ainsi que le renforcement des capacités des ressources humaines. Des projets d’accords parallèles ont également été examinés lors de la rencontre, notamment un accord sur le transfert d’expertises et de compétences, et un autre portant sur la formation de formateurs destinée à « renforcer les capacités des ressources humaines et améliorer le niveau de compétence des cadres et des travailleurs du secteur minier » au Tchad, précise le communiqué de Sonarem.

Ces engagements s’inscrivent dans un contexte diplomatique et économique plus large. Le même jour, le Secrétaire général du ministère des Hydrocarbures et des Mines, Miloud Medjelled, a reçu à Alger une délégation du ministère du Pétrole, des Mines et de la Géologie de la République du Tchad. Les deux parties ont passé en revue « l’état et les perspectives des relations algéro-tchadiennes », selon le communiqué du ministère, en s’appuyant sur les acquis récents de la coopération bilatérale, notamment la signature, en décembre 2025, d’un procès-verbal de discussions dans les domaines des hydrocarbures et des mines, qualifié d’« étape importante » dans le renforcement du partenariat.

La rencontre a également rappelé la visite effectuée par le ministre d’État chargé des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, en République du Tchad en janvier 2026, où il avait représenté le président Tebboune aux travaux du Salon international des mines, des carrières et des hydrocarbures SEMICA Tchad 2026. Cette présence au plus haut niveau avait alors signalé l’importance stratégique que l’Algérie accorde à ce partenariat africain.

Les enjeux sont considérables. Le Tchad dispose d’un sous-sol riche en ressources minières encore largement sous-explorées, tandis que l’Algérie, à travers Sonarem, possède une expertise reconnue dans la recherche géologique et l’exploitation minière. La partie tchadienne a d’ailleurs expressément « exprimé son intérêt à bénéficier de l’expérience algérienne » en matière d’organisation administrative et de cadre juridique régissant les activités des hydrocarbures et des mines, indique le communiqué du ministère. Ce transfert de savoir-faire constitue l’un des piliers du partenariat envisagé. Pour l’Algérie, ce rapprochement avec N’Djamena s’inscrit dans une stratégie plus globale de projection économique vers le continent africain. Le communiqué de Sonarem souligne que l’accord vise à « consacrer une dimension africaine fondée sur la coopération Sud-Sud », en contribuant à la valorisation des ressources minières, à la diversification économique et au renforcement de l’attractivité de l’investissement dans le secteur. Les deux parties ont par ailleurs « réaffirmé leur engagement à respecter les principes de bonne gouvernance, de transparence et de conformité aux normes environnementales à toutes les étapes de l’activité minière, en accord avec les exigences du développement durable ».

Amar Malki

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