Opéra d’Alger : Le Kazakhstan fait chanter l’amitié
C’est une soirée placée sous le signe de la diplomatie culturelle et de la musique qu’a vécue l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih, jeudi soir, avec la première apparition sur une scène algérienne du «Forte Trio», célèbre ensemble de musique classique du Kazakhstan. Le concert, organisé conjointement par l’Opéra d’Alger et l’ambassade du Kazakhstan en Algérie, s’inscrit dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Une occasion choisie pour illustrer, par la grâce des notes, la profondeur des liens qui unissent Alger et Astana. La soirée s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités officielles, dont le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, la cheffe de cabinet du ministère de la Culture et des Arts, Nacira Aiyachia, ainsi que l’ambassadeur de la République du Kazakhstan en Algérie, Anuarbek Akhmetov, entouré de représentants du corps diplomatique accrédité à Alger. Dans son allocution, le diplomate kazakh a tenu à souligner la portée symbolique de l’événement, affirmant qu’il «célèbre l’amitié, la création, la musique et la rencontre, et consolide les passerelles pour rapprocher davantage les deux peuples à travers la culture».
Sur scène, le «Forte Trio» réunit trois musiciens d’exception : Timur Urmancheyev au piano, Maxat Jussupov au violon et Murat Narbekov au violoncelle. Accompagnés par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, placé sous la direction du maestro Lotfi Saïdi, les trois artistes ont livré un programme alliant avec élégance la musique classique universelle et les airs mélodiques traditionnels et folkloriques kazakhs, dévoilant au public algérien les couleurs sonores d’une culture musicale aussi riche que méconnue sous nos latitudes. Le public, visiblement conquis, a réservé des applaudissements nourris à chacune des pièces interprétées. Mais c’est le moment final de la soirée qui a suscité la plus vive émotion : pour clore leur prestation, les trois musiciens kazakhs ont rendu un hommage aussi inattendu que touchant à la musique algérienne, en interprétant «Ya Rayeh», le titre immortel de Dahmane El Harrachi (1926-1980), ce chantre du chaâbi dont la voix continue de traverser les générations et les frontières. Un geste artistique fort, qui a manifestement touché la salle et résumé à lui seul l’esprit de la soirée : celui d’un dialogue sincère entre deux cultures qui se découvrent et se reconnaissent. Organisé sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, ce concert ne constitue pas une représentation isolée. Le «Forte Trio» se produira de nouveau samedi au Théâtre régional d’Oran, pour une deuxième représentation qui prolongera cette rencontre musicale vers l’Ouest du pays.
M.S.

