Agrodiv : Expansion industrielle et réintégration des actifs récupérés au cœur de la feuille de route 2026
Le groupe public agroalimentaire Agrodiv entre dans une phase d’expansion accélérée. Selon une déclaration faite à l’APS par son directeur général par intérim, Salim Djenaihi, le groupe prévoit pour 2026 le lancement de nouvelles unités de production et la remise en activité de plusieurs structures industrielles récupérées par l’État dans le cadre de la lutte contre la corruption. Une double ambition qui traduit à la fois une volonté de croissance organique et une mission de réhabilitation du tissu productif national. « Le groupe ambitionne de renforcer sa croissance durable en 2026 et de consolider sa position d’acteur majeur des secteurs industriel et agroalimentaire », a déclaré M. Djenaihi, précisant que cet objectif sera atteint « à travers la concrétisation d’une série de projets stratégiques visant à développer les capacités de production, accroître la contribution à l’économie nationale et répondre à une demande croissante pour les produits du groupe ». Le plan 2026 s’inscrit dans la continuité directe d’un mouvement amorcé l’année précédente. En 2025, Agrodiv a en effet intégré plusieurs entreprises reprises par l’État, selon une démarche que le directeur général par intérim décrit comme « une approche organisationnelle et structurelle réfléchie, garantissant une transition fluide et une intégration progressive au sein du système de production d’Agrodiv ». Parmi les exemples cités figurent les branches boissons et conserves de N’Gaous ainsi que la Filiale céréales et conserves de l’Est (FCCE), deux structures dont l’absorption illustre concrètement la stratégie de valorisation des actifs publics récupérés. Pour M. Djenaihi, les bénéfices de cette intégration sont déjà tangibles : elle « a contribué à accroître la capacité globale de production, à créer des emplois directs et indirects, et à insuffler un nouveau dynamisme au secteur de l’investissement, consolidant ainsi la position d’Agrodiv en tant qu’acteur économique majeur et participant au développement de l’économie nationale ». Au-delà de l’intégration de nouveaux actifs, le groupe s’engage parallèlement dans une modernisation profonde de ses unités existantes. Agrodiv investit dans l’adoption de technologies modernes et la rénovation de ses lignes de production, une démarche qui doit permettre, selon son premier responsable, de « diversifier l’offre, d’assurer une qualité supérieure et de répondre aux besoins du marché national ». Des programmes de formation destinés aux ressources humaines accompagnent cette mutation technologique, avec pour objectif d’« optimiser l’efficacité opérationnelle et garantir un haut niveau de performance ». Ces efforts portent déjà leurs fruits. M. Djenaihi souligne que « plusieurs unités ont enregistré une hausse tangible de leur activité et de leurs volumes de production en 2025, grâce aux efforts déployés en matière de modernisation technique, d’amélioration des pratiques de gestion et d’utilisation efficiente des ressources ».
Partenariats et ouverture à l’export Le plan 2026 d’Agrodiv s’ouvre également sur l’international, à deux niveaux. D’une part, le groupe entend renforcer sa coopération avec des partenaires locaux et étrangers, via des accords industriels ou des coentreprises, afin de « favoriser l’échange de savoir-faire, le transfert de technologies et l’élargissement des activités de production ». D’autre part, une orientation exportatrice est désormais explicitement affichée : « L’entreprise œuvre pour l’ouverture de nouveaux marchés à l’étranger, ce qui devrait contribuer à augmenter les exportations, renforcer la présence internationale du groupe et générer de nouveaux emplois », selon M. Djenaihi.
Placé sous tutelle du ministère de l’Industrie, Agrodiv est un groupe public né en 2015 de la fusion de trois entités — Tragral, Cojub et Cegro. Il opère sur l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, de la transformation des matières premières agricoles, d’élevage et de pêche jusqu’à la commercialisation des produits finis. Son plan 2026 le positionne désormais comme un levier central de la politique industrielle nationale, à l’intersection de la relance productive et de la réhabilitation du patrimoine économique public.
Chokri Hafed

