Jijel mise sur la myciculture : Une filière agricole d’avenir en plein essor
La Chambre d’agriculture de Jijel a organisé, début avril, une session de formation spécialisée en myciculture au Centre de formation des agents techniques des forêts de Kissir, dans la commune d’El Aouana. Une initiative qui traduit la volonté de la wilaya de structurer cette filière encore émergente, en capitalisant sur un environnement naturel particulièrement propice à la culture des champignons.
La filière de la myciculture gagne progressivement du terrain dans la wilaya de Jijel, portée par des initiatives visant à structurer cette activité encore émergente. Dans ce cadre, la Chambre d’agriculture a organisé, au début du mois d’avril en cours, une session de formation spécialisée au Centre de formation des agents techniques des forêts de Kissir, dans la commune d’El Aouana, apprend-on d’une source relevant de cet organe. Selon les précisions apportées par la même source, l’objectif est de doter les agriculteurs, notamment les jeunes porteurs de projets, des compétences nécessaires pour investir dans cette culture à fort potentiel. Adaptée aux réalités locales, la myciculture présente des caractéristiques particulièrement adaptées aux exploitations de petite taille. Elle se distingue par un cycle de production court, une rentabilité relativement élevée et la possibilité d’être pratiquée dans des espaces réduits, y compris en milieu urbain ou semi-urbain. Nos sources ont expliqué qu’à Jijel, ces atouts sont renforcés par un environnement naturel favorable. La wilaya est en effet connue pour son climat humide et son important couvert forestier, qui offrent des conditions propices à la culture de plusieurs variétés de champignons, notamment les pleurotes et les champignons de couche. Les mêmes sources ont souligné que des zones comme El Aouana, El Kennar Nouchfi, Tahir, Sidi Abdelaziz et El Ancer se prêtent particulièrement à cette activité.
S’agissant des motivations de cette session de formation de deux jours, la maîtrise technique en constitue l’une des principales. Notre source a néanmoins fait savoir que la réussite de la myciculture repose sur un savoir-faire précis. La préparation du substrat, souvent à base de paille, de fumier ou de déchets agricoles, constitue une étape déterminante. Elle doit être accompagnée d’un contrôle rigoureux de la température, de l’humidité et de l’aération, tandis que le respect des conditions d’hygiène est également essentiel pour éviter toute contamination et garantir une production de qualité. D’où l’importance des formations techniques, qui permettent aux agriculteurs de mieux maîtriser ces paramètres.
Au-delà de ses exigences techniques, la culture des champignons représente une opportunité économique réelle. Comme le souligne notre source, elle peut constituer une source de revenus complémentaires pour les exploitants agricoles, tout en favorisant la création de petites entreprises, notamment en milieu rural. Les jeunes et les femmes y trouvent une activité accessible, nécessitant peu d’espace et des investissements relativement modestes. Dans un contexte de diversification économique, cette filière apparaît comme une alternative prometteuse à forte valeur ajoutée.
Au-delà de ces avantages économiques, il convient de noter que la myciculture s’inscrit également dans une logique d’agriculture durable et circulaire. Elle permet en effet de valoriser les déchets agricoles en les transformant en produits alimentaires riches en nutriments. Ce modèle contribue à la réduction du gaspillage tout en répondant à une demande croissante en produits sains. À l’échelle nationale, le secteur reste encore peu développé, alors que la consommation de champignons progresse, ouvrant des perspectives intéressantes pour les producteurs locaux. Malgré ses nombreux atouts, la myciculture à Jijel n’en est qu’à ses débuts et son potentiel demeure encore largement sous-exploité. Le manque d’investissements, l’insuffisance des circuits de commercialisation et la faible diffusion des techniques modernes freinent encore son expansion. Toutefois, les initiatives de formation et d’accompagnement engagées par les institutions locales laissent entrevoir un développement progressif. À terme, la myciculture pourrait s’imposer comme un pilier complémentaire de l’économie agricole de la wilaya. Dans une région où les conditions naturelles sont particulièrement favorables, la culture des champignons apparaît ainsi comme une opportunité à saisir pour dynamiser le monde rural et renforcer la sécurité alimentaire.
Sofia Chahine

