Mission Artemis II : Des images de la Terre à couper le souffle !
Partis mercredi 1er avril à bord de la capsule Orion, les quatre astronautes de la mission Artemis II ont publié les premières photographies de la Terre prises par un équipage humain depuis une telle distance depuis plus d’un demi-siècle. Des images saisissantes, captées à plus de 270 000 kilomètres de notre planète, qui raniment le souffle de l’épopée spatiale.
La dernière fois qu’un être humain avait contemplé la Terre de si loin, c’était en décembre 1972, à bord d’Apollo 17. Depuis, les stations spatiales orbitent à quelques centaines de kilomètres seulement, offrant des vues certes spectaculaires mais fragmentées. Artemis II renoue avec cette verticalité du regard, cette capacité à voir la planète entière dans un seul hublot. Et les images publiées par la NASA vendredi 3 avril en témoignent avec force : on y voit la Terre baignée de lumière, enveloppée de teintes bleues et brunes, coiffée à ses deux pôles d’une fine lueur verte — des aurores boréales visibles depuis l’espace comme de simples reflets sur un globe de verre. Le commandant Reid Wiseman, qui a signé plusieurs des clichés depuis l’un des quatre hublots principaux de la capsule Orion, n’a pas caché son émotion. « On a pu voir tout le globe d’un pôle à l’autre. On a pu voir l’Afrique et l’Europe et, en regardant de plus près, des aurores boréales. C’était le moment le plus spectaculaire », a-t-il confié. Son équipière Christina Koch a elle aussi cherché ses mots : « Rien ne vous prépare à cette expérience à couper le souffle : voir sa propre planète comme en plein jour. » Des déclarations relayées par la NASA, qui a accompagné la publication des clichés de cette formule sobre et universelle : « Que l’on soit éveillé ou en train de rêver, nous sommes tous ensemble sur cette planète. »
À bord d’Orion, les quatre membres de l’équipage — les Américains Wiseman, Koch et Victor Glover, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen — évoluent dans un espace de moins de neuf mètres cubes, guère plus grand qu’une fourgonnette. Dans ce volume réduit, ils font de l’exercice, préparent le vaisseau pour la phase d’observation lunaire et, entre deux tâches, s’autorisent ces instants de contemplation que peu d’humains auront jamais connus. « On est plus proche de la Lune que de la Terre. C’est une grande étape pour nous », a résumé Jeremy Hansen avec une simplicité qui dit tout de l’ampleur du moment.
La mission suit son cours avec précision. Lancée mercredi depuis le centre spatial Kennedy en Floride, Artemis II a officiellement quitté l’orbite terrestre dans les premières heures du voyage. En orbite lunaire dans moins de 48 heures au moment où les images étaient publiées, le vaisseau allait ensuite survoler la face cachée de la Lune, entraînant une brève interruption des communications avec la salle de contrôle de la NASA à Houston. Une coupure de signal attendue et maîtrisée, avant qu’Orion ne reprenne sa trajectoire de retour vers la Terre. La mission doit durer dix jours au total.
Artemis II n’est pas une mission d’alunissage — ce sera l’objet d’Artemis III — mais un vol habité autour de la Lune destiné à valider les systèmes et les procédures qui permettront, dans les prochaines années, à des astronautes de fouler à nouveau le sol lunaire pour la première fois depuis Apollo 17. En attendant, ces photographies constituent déjà, à elles seules, un événement. « C’est formidable de songer au fait qu’à l’exception de nos quatre amis, nous sommes tous représentés sur ces images », a commenté Lakiesha Hawkings, haute responsable de l’agence spatiale américaine. Une façon de rappeler que ce que regardent ces quatre hommes et femmes depuis leur hublot, c’est l’humanité tout entière, suspendue dans le noir.
Malik Meziane

