Visite du pape en Algérie : Tebboune supervise les derniers préparatifs
Le compte à rebours a commencé. À une semaine de l’arrivée du pape Léon XIV sur le sol algérien, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a présidé lundi une réunion de haut niveau consacrée à la finalisation des préparatifs de cette visite historique. La Présidence de la République a confirmé la tenue de cette rencontre, la deuxième du genre depuis l’annonce officielle du déplacement du souverain pontife, qui fera de l’Algérie la première étape de sa longue tournée africaine.
Le pape Léon XIV est attendu à Alger le 13 avril pour un séjour qui s’étendra jusqu’au 15 avril 2026. Un programme dense et chargé de symboles l’attend dans deux villes : la capitale d’abord, où il se rendra à la basilique Notre-Dame d’Afrique, joyau surplombant la baie d’Alger dans le quartier populaire de Bab El-Oued, puis Annaba, l’antique Hippone, ville des parcours augustiniens, où le pontife visitera la basilique dédiée au philosophe et théologien berbère ainsi que le musée d’Hippone. C’est précisément cette dimension augustinienne qui confère à ce voyage une profondeur spirituelle et historique particulière. Né en 354 à Thagaste, l’actuelle Souk Ahras, Augustin d’Hippone demeure l’une des figures intellectuelles et religieuses les plus considérables de l’histoire du christianisme. En se recueillant sur ses traces, Léon XIV entend renouer avec un héritage commun qui transcende les frontières des confessions. Au-delà du recueillement, la visite s’inscrit résolument sous le signe du dialogue interreligieux. La rencontre entre le pape et les autorités religieuses et civiles algériennes revêt une portée symbolique considérable. L’Algérie, forte de sa tradition de non-alignement et de son rôle historique de médiateur, offre un cadre singulièrement propice à ce type de rapprochement.
Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une tournée africaine plus large qui conduira Léon XIV, du 13 au 23 avril, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Mais c’est bien Alger qui a été choisie comme point de départ, un choix qui ne doit rien au hasard et que les autorités algériennes entendent marquer de leur empreinte organisationnelle. Le président Tebboune, en supervisant personnellement les préparatifs, signifie l’importance accordée à cet événement qualifié, des deux côtés, d’historique.
Chokri Hafed

