Cybercriminalité : Les délits numériques explosent
Escroqueries en ligne, atteintes aux mineurs, trafics sur internet : la Sûreté nationale tire la sonnette d’alarme sur l’explosion des délits numériques, révélée par un bilan 2025 présenté ce mardi. La toile n’est plus un espace sans loi. C’est, en substance, le message que la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a adressé ce mardi lors d’une conférence de presse consacrée au bilan sécuritaire de l’année 2025. Parmi les chiffres présentés, ceux relatifs à la cybercriminalité retiennent particulièrement l’attention : 13 204 affaires traitées en une seule année, impliquant 7 815 personnes mises en cause. Un volume qui témoigne d’une montée en cadence préoccupante des délits commis via les réseaux numériques.
Les infractions recensées couvrent un spectre large. La DGSN cite en tête « les escroqueries et arnaques en ligne », forme la plus répandue de la cybercriminalité en Algérie, suivies des « atteintes aux droits des enfants » et de la « vente de produits illicites sur internet ». Trois catégories qui, prises ensemble, dressent le portrait d’une délinquance numérique protéiforme, touchant aussi bien les particuliers que les mineurs, devenus des cibles de choix pour des réseaux organisés qui exploitent leur vulnérabilité et leur présence massive sur les réseaux sociaux. Sur le front des stupéfiants, les chiffres sont éloquents. Les unités opérationnelles ont saisi « 7 tonnes, 99 kg et 348 grammes de cannabis, plus de 665 kg de cocaïne, 2 kg et 710 grammes d’héroïne, ainsi que plus de 20 millions de comprimés psychotropes ». Pas moins de 175 920 affaires liées aux infractions à la législation sur les drogues ont été traitées, impliquant 192 252 suspects. La DGSN attribue cette hausse des saisies au « renforcement des capacités opérationnelles sur le terrain, notamment après la création d’unités spécialisées dans la lutte contre ce fléau qui cible en priorité la jeunesse ».
La criminalité organisée, dans son ensemble, a généré 448 343 affaires recensées, dont 378 223 traitées, avec 448 246 personnes impliquées dans diverses infractions. Sur le volet spécifique des gangs de quartier en milieu urbain, 146 affaires ont été enregistrées, conduisant à l’arrestation de 1 168 personnes déférées devant les instances judiciaires compétentes.
Le phénomène de l’immigration clandestine a lui aussi mobilisé d’importants moyens. Les services de la DGSN ont instruit 3 925 dossiers liés au trafic de migrants, impliquant au moins 8 978 personnes, « dont des organisateurs d’opérations et des candidats à la migration irrégulière ». La direction a souligné à cet égard « la coordination étroite entre les différents appareils sécuritaires pour démanteler ces réseaux ».
Quant à la cybercriminalité, si elle ne représente pas en volume le poste le plus lourd du bilan, elle en est sans doute le signal le plus inquiétant sur le plan structurel. Escroqueries en ligne, exploitation de mineurs, trafics dématérialisés : ces infractions exploitent la démocratisation des smartphones et des plateformes numériques pour toucher un public toujours plus large, avec des modes opératoires en constante évolution. À mesure que l’Algérie accélère sa transition numérique, ce volet du bilan 2025 rappelle que la cybersécurité s’impose désormais comme un chantier sécuritaire à part entière.
Malik Meziane

