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Face à la nouvelle provocation française : Le Conseil de la nation hausse le ton 

Le Bureau élargi du Conseil de la nation a tenu mardi une réunion de travail consacrée au calendrier législatif des prochaines semaines. Mais c’est la réaction aux propos du procureur antiterroriste français Olivier Christen qui a dominé les échanges, donnant lieu à une condamnation ferme et sans équivoque de cette nouvelle provocation par l’institution parlementaire. La séance s’est tenue sous la présidence d’Azouz Nasri, président du Conseil de la nation, en présence des présidents des groupes parlementaires et du Questeur. Si l’ordre du jour était principalement consacré à des questions institutionnelles — examen du calendrier législatif, traitement des questions orales et écrites, programmes des commissions permanentes —, c’est la crise diplomatique larvée avec Paris qui a cristallisé les tensions et dicté le ton de la réunion. Dans un communiqué rendu public à l’issue des travaux, le Bureau élargi a exprimé «sa vive réprobation face aux dérives irresponsables et inacceptables du procureur antiterroriste de la France officielle», qualifiant ses déclarations de «nouvelle dégradation dans le flot de déclarations incohérentes» et dénonçant «une attitude inappropriée et un recul préoccupant dans les relations entre les deux pays». Le texte va plus loin encore, ciblant non plus un seul magistrat mais une catégorie entière de responsables hexagonaux : le Bureau condamne «des prises de position émanant de certains responsables français qui s’érigent en donneurs de leçons», estimant qu’elles traduisent «l’essoufflement du discours de certains responsables et une crainte maladive vis-à-vis de l’Algérie».

Ces condamnations font directement écho aux déclarations provoquantes d’Olivier Christen, procureur national antiterroriste français. Dans une interview accordée il y a quelques jours à un média français, le magistrat avait annoncé que «trois enquêtes visent le terrorisme d’État iranien, dont l’une concerne le projet d’attentat déjoué contre une banque américaine à Paris ». Selon lui, «cinq autres sont principalement en lien avec la Russie et l’Algérie ».

Alger a réagi lundi par le biais d’une source autorisée du ministère des Affaires étrangères citée par l’APS,  estimant que ce magistrat avait «de manière désinvolte, inconsidérée et irresponsable, fait mention de l’Algérie au titre de procédures ouvertes pour terrorisme d’État» et a qualifié ces propos d’«injustifiés», affirmant qu’«une telle accusation ne peut naturellement susciter qu’indignation et mépris». La même source avait dénoncé «une vaine agression contre un pays, l’Algérie, qu’un contexte français délétère érige en bouc émissaire et en dérivatif à tous les défis qui assaillent la France et qui peine à les relever».  Les relations franco-algériennes traversent depuis plusieurs mois une zone de turbulences persistantes, ponctuée d’incidents diplomatiques à répétition, de rappels d’ambassadeurs et de déclarations croisées qui ont progressivement détérioré un partenariat pourtant stratégique pour les deux rives de la Méditerranée.

Un agenda législatif chargé pour les prochains jours

Au-delà du volet diplomatique, la réunion du Bureau élargi a également permis d’arrêter un calendrier législatif dense pour la période allant du 8 au 16 avril. Les séances plénières reprendront dès le mercredi 8 avril au matin avec la présentation et le débat d’un texte de loi fixant les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir au Parlement. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports interviendra dans l’après-midi pour répondre aux membres du Conseil avant le vote. Le jeudi 9 avril sera, lui, consacré à l’examen du projet de loi organique relatif aux partis politiques, une réforme très attendue du paysage politique national. La même séance devra également statuer sur les dispositions encore en suspens du code de la route. Dimanche prochain, le Conseil tiendra deux séances plénières : l’une le matin, dédiée à l’adoption du texte portant règlement budgétaire pour l’exercice 2023 ; l’autre l’après-midi, consacrée aux dispositions restantes du projet de loi relatif à la criminalisation du colonialisme français en Algérie — un texte dont la résonnance ne manquera pas d’alimenter davantage le débat avec Paris. La Commission des affaires juridiques, administratives et des droits de l’Homme travaille actuellement à l’élaboration des rapports afférents à ces différents textes.

Hocine Fadheli

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