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Trump menace l’Iran d’anéantissement : Une escalade qui « ne pourra plus être contrôlée » !

Au 39e jour de la guerre déclenchée par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, les frappes se sont intensifiées mardi sur le territoire iranien, touchant des ponts, des voies ferrées, des installations électriques et l’île pétrolière de Kharg dans le Golfe Persique, faisant des victimes civiles et provoquant des coupures d’électricité dans plusieurs villes. Pendant ce temps, le président américain Donald Trump a publié sur sa plateforme Truth Social des menaces d’anéantissement de l’Iran à quelques heures de l’expiration de son ultimatum, tandis que Téhéran rompait tout contact direct avec Washington. 

Des frappes israélo-américaines ont détruit mardi deux ponts — l’un près de la ville sainte de Qom, l’autre à Kachan, dans la province d’Ispahan, où deux personnes ont été tuées et trois blessées selon le vice-gouverneur provincial. Une autoroute reliant Tabriz à Téhéran a été fermée après qu’un pont autoroutier a été touché. Des voies ferrées ont été visées à Karaj, en périphérie de la capitale. Des coupures d’électricité ont affecté plusieurs quartiers après la destruction de lignes de transport d’énergie et d’un poste de transformation. Une frappe a touché le grand bazar historique de Téhéran, tuant au moins une personne et endommageant plusieurs commerces selon les médias d’État iraniens. Tous les trains à destination de Machhad, deuxième ville du pays, ont été annulés par précaution. Des explosions ont été entendues dans la capitale et confirmées par un journaliste de l’Agence France-Presse présent sur place.

Folie diabolique

Le fait militaire le plus lourd de conséquences économiques potentielles reste les frappes contre l’île de Kharg, dans le Golfe Persique, par laquelle transite l’essentiel des exportations pétrolières iraniennes. L’agence Mehr a rapporté plusieurs explosions sur l’île. Des sources américaines ont affirmé n’avoir visé que des « cibles militaires », sans que cela puisse être vérifié de manière indépendante.  Sur le plan politique, Donald Trump a publié mardi sur Truth Social que « toute une civilisation allait mourir ce soir », ajoutant qu’il ne souhaitait pas que cela se produise mais que cela « se produirait probablement ». Ces déclarations, qui ont suscité des condamnations y compris au sein de sa propre famille politique — le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer les a qualifiées de propos d’« une personne extrêmement malade », et l’ancienne élue républicaine Marjorie Taylor Greene a parlé de « folie diabolique » — interviennent dans le cadre d’un ultimatum expirant à 20 heures, heure de Washington, conditionnant un cessez-le-feu de quarante-cinq jours à la réouverture du détroit d’Ormuz. Trump a néanmoins laissé ouverte la possibilité d’une issue négociée. Son vice-président JD Vance, en déplacement à Budapest, s’est dit « optimiste » quant à une issue favorable, tout en avertissant que les États-Unis disposaient d’« outils » non encore utilisés dans leur arsenal. Dans ce sens, la Maison-Blanche a démenti mardi en termes vifs envisager l’utilisation de l’arme nucléaire en Iran, dans un message publié sur X par son. « Rien de ce que dit le vice-président ici ne « laisse entendre » cela, bande d’énormes bouffons », lit-on dans ce message de l’exécutif américain, qui répond à un compte associé à l’ancienne candidate démocrate Kamala Harris Ce message auquel la Maison-Blanche répond s’appuie sur un discours du vice-président américain pour commenter : « JD Vance persiste et signe après le nouveau message de Trump disant qu’une « civilisation entière allait mourir ce soir » et laisse entendre que Trump pourrait utiliser des armes nucléaires. » 

Priver le USA et leurs alliés de pétrole

La réponse de Téhéran a été à la fois diplomatique et militaire. L’Iran a rompu toute communication directe avec Washington, selon le Wall Street Journal citant des sources régionales. Il a également informé le Pakistan, qui jouait un rôle de médiateur, qu’il ne participerait plus aux discussions sur un cessez-le-feu. Les Gardiens de la révolution ont averti que « le temps de la retenue était révolu » et menacé de mener des actions contre des infrastructures qui « priveront les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz pendant des années ». L’ambassadeur iranien au Koweït a prévenu que la poursuite des frappes entraînerait « l’arrêt total des exportations d’énergie de la région ». C’est précisément cette menace qui inquiète le plus les marchés et les chancelleries. Le baril de West Texas Intermediate progressait de plus de 2 % en milieu d’après-midi à 114,71 dollars, après un pic à plus de 3 %. Les Bourses mondiales évoluaient dans un climat de forte nervosité, entre légères hausses et reculs selon les places. La directrice générale du Fonds monétaire international, (FMI), Mme Kristalina Georgieva, a, à ce propos, déclaré à des médias que la guerre au Moyen-Orient entraînerait une hausse de l’inflation et un ralentissement de la croissance mondiale, quelques jours avant la publication des nouvelles prévisions économiques mondiales. « La guerre a provoqué la pire perturbation jamais enregistrée des approvisionnements énergétiques mondiaux, la production de millions de barils de pétrole ayant été interrompue suite à la fermeture du détroit d’Ormuz », une voie de passage vitale par laquelle transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz, a-t-elle rappelé. Et de souligner que « même si le conflit se résolvait rapidement, le FMI devrait revoir à la baisse ses prévisions de croissance économique et à la hausse ses prévisions d’inflation ».

Veto russe et chinois

Le Qatar a exprimé une inquiétude explicite : « Nous sommes très proches du point où l’escalade ne pourra plus être contrôlée », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères qatari Majed Al-Ansari. Tokyo a indiqué chercher à organiser des entretiens téléphoniques avec les dirigeants des deux pays. Les pourparlers indirects, eux, se poursuivraient selon le Wall Street Journal, l’Iran ayant voulu « envoyer un signal de désapprobation » en coupant les contacts directs plutôt que de fermer définitivement toute porte. Pour leur part, a Russie et la Chine ont mis leur veto mardi à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant le déblocage du détroit d’Ormuz par la force, y encourageant l’escorte des navires, un texte pourtant déjà loin du feu vert réclamé par les pays du Golfe pour le libérer par la force. Le projet de résolution préparé par Bahreïn et soutenu par les pays du Golfe et les États-Unis a recueilli 11 votes pour, deux contre, et deux abstentions.

Lyes Saïdi

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