2e édition du Festival du couscous algérien : Un patrimoine qui rassemble
Du 23 au 25 avril, l’esplanade de Riad El Feth accueillera la deuxième édition du Festival du Couscous Algérien. Trois jours de gastronomie, de mémoire et de fête pour un plat qui transcende les générations et les régions — et qui « nous rassemble ».
Il y a des événements qui ne se contentent pas de célébrer un plat. Ils célèbrent un peuple. Après une première édition saluée par un public nombreux, le Festival du Couscous Algérien s’apprête à reprendre ses quartiers à Riad El Feth, au cœur d’Alger, pour une deuxième édition annoncée comme « plus grandiose, plus riche et plus généreuse ». Du 23 au 25 avril 2026, pendant trois jours, la Capitale va vibrer au rythme des mortiers, des vapeurs de semoule et des saveurs de 69 wilayas. L’événement, organisé par Idir Saoudi, bénéficie cette année du parrainage officiel du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid . « C’est avec une immense fierté et un profond attachement à notre patrimoine que nous annonçons la tenue de la 2ᵉ édition du Festival du Couscous Algérien, un événement national et fédérateur placé sous le signe du partage, de la transmission et de l’excellence », a déclaré l’organisateur dans le communiqué officiel diffusé le 5 avril dernier. Des mots qui sonnent comme un manifeste autant que comme une annonce.
Car derrière la gastronomie, c’est bien une ambition identitaire et culturelle qui se déploie. Le programme de cette édition 2026 est à la hauteur des promesses : expositions artisanales, animations traditionnelles, conférences sur le patrimoine culinaire, et surtout des ateliers participatifs — dont une initiation au roulage de la semoule, geste ancestral et fondateur. Le festival proposera également des dégustations représentant chacune des wilayas du pays, illustrant l’extraordinaire mosaïque de recettes et de savoir-faire que recèle le couscous algérien. Idir Saoudi l’a confirmé : le programme sera « immersif, riche et intense ».
Les amateurs de haute gastronomie ne seront pas en reste. Des shows cooking réalisés par des chefs renommés et des concours culinaires ponctueront les journées, avant une soirée de clôture consacrée à la remise des trophées « Le Grain d’Or » — distinction que les organisateurs entendent imposer comme la référence nationale en matière d’excellence culinaire autour du couscous. Un geste symbolique autant que gastronomique, qui vise à institutionnaliser la compétition et à valoriser les meilleurs artisans du plat.
L’édition 2026 voit également sa dimension internationale s’élargir considérablement. Selon le communiqué de presse, le festival réunira « des invités d’honneur de prestige, parmi lesquels des chefs internationaux de renom, des chefs algériens reconnus, ainsi que des personnalités de la diaspora algérienne, composées d’artistes, de chanteurs, de créateurs, de journalistes et de figures influentes ». Tous, précise le texte officiel, seront « réunis autour d’un même objectif : célébrer et faire rayonner le couscous algérien à l’échelle nationale et internationale ». Une façon de signifier que le couscous n’est plus seulement l’affaire d’un foyer ou d’un terroir, mais d’une nation entière — et de sa diaspora.
C’est précisément ce qui distingue ce festival d’un simple événement culinaire. Pensé comme un espace de rencontre intergénérationnel et interculturel, il ambitionne de tisser des liens entre tradition et modernité, entre les anciens qui gardent vivante la mémoire du geste et les jeunes générations qui cherchent à se réapproprier un héritage parfois fragilisé. Le couscous — plat universel dans ses principes, infiniment local dans ses déclinaisons — incarne mieux que tout autre symbole ce dialogue entre les âges et les territoires.
Les organisateurs ne cachent d’ailleurs pas la portée politique, au sens noble du terme, de leur démarche. Leur appel au public est explicite : « Nous lançons un appel solennel à l’ensemble du public algérien, toutes générations et catégories confondues, à venir participer à cette célébration unique. Le couscous est plus qu’un plat : il est un symbole d’unité, de partage et de mémoire collective. » Et de conclure avec une formule qui résume l’esprit du projet : « ‘Le couscous nous rassemble’ n’est pas seulement un slogan, c’est une réalité que nous souhaitons faire vivre ensemble, au cœur de cet événement. » Une réalité à écrire, ou plutôt à déguster — ensemble, sur l’esplanade de Riad El Feth, du 23 au 25 avril 2026.
Mohand Seghir

