Le taux d’inflation reste globalement maîtriser : Les viandes tirent les prix vers le haut
L’Office national des statistiques (ONS) a publié son Indice mensuel des prix à la consommation pour le mois de février 2026, faisant apparaître une hausse modérée de l’indice général de 0,5 % par rapport à janvier, contre 1,4 % le mois précédent. Un ralentissement net qui masque néanmoins des tensions persistantes sur certains produits de première nécessité. Sur un an, la variation des prix à la consommation à Alger s’établit à +2,9 % en février 2026 par rapport à février 2025, tandis que le rythme d’inflation annuel glissant — calculé sur la période mars 2025 à février 2026 par rapport à la même période de l’année antérieure — ressort à +1,2 %, un niveau qui demeure contenu. À l’échelle nationale, l’indice général enregistre quant à lui une hausse mensuelle de 1,1 %, légèrement supérieure à celle observée à Alger, avec une progression des prix alimentaires de 2,0 % sur le mois. C’est la viande qui concentre les pressions les plus vives. La viande de poulet affiche une hausse spectaculaire de 20,6 % en un mois, portant son prix moyen à 403 dinars le kilogramme en février contre 334 dinars en janvier. La viande et les abats de mouton progressent de leur côté de 5,5 % sur la même période, à près de 2 830 dinars le kilo. Ces deux postes tirent à eux seuls la catégorie des produits agricoles frais vers le haut, qui enregistre une augmentation globale de 1,4 % sur le mois. En revanche, plusieurs autres produits frais jouent un rôle amortisseur : les légumes reculent de 7,8 %, les fruits de 3,6 % et la pomme de terre de 10,3 %, cette dernière s’établissant à 75 dinars le kilogramme, en retrait de près de 26 % sur un an.
Les produits alimentaires industriels affichent pour leur part une variation plus modeste de +0,4 % sur le mois. Sur un an, leur recul atteint 1,1 %, notamment grâce à une baisse de 4,7 % sur le café. La tendance annuelle sur l’ensemble des biens alimentaires est elle aussi orientée à la baisse : -1,6 % à Alger en février 2026 par rapport à février 2025, ce qui constitue un signal encourageant pour le pouvoir d’achat des ménages.
Au-delà de l’alimentation, les données de l’ONS révèlent une dynamique opposée sur les produits manufacturés non alimentaires, dont les prix bondissent de 9,0 % sur un an à Alger. Les services, eux, progressent modestement de 0,9 % sur la même période. Le groupe « Divers » enregistre quant à lui la variation annuelle la plus marquée, à +20,6 %, un chiffre qui mérite un suivi attentif dans les prochains relevés.
Au total, l’indice général brut à Alger s’établit à 293,60 en base 2001, contre 285,43 un an plus tôt. Corrigé des variations saisonnières, il ressort à 294,54, confirmant que la hausse mensuelle observée n’est pas un simple phénomène calendaire.
Sabrina Aziouez

