Les Journées internationales ouvrent leurs portes à dix nations : Sétif, capitale du cinéma
Sétif a renoué, mercredi soir, avec sa vocation cinématographique. La salle The Dome a accueilli la cérémonie d’ouverture de la sixième édition des Journées internationales du cinéma, manifestation organisée par l’Office de la culture et du tourisme de la commune sous le slogan fédérateur « Un film pour demain ». Artistes, réalisateurs, professionnels du secteur et familles nombreuses s’étaient déplacés, témoignant de l’ancrage populaire qu’a su construire, au fil des années, cet événement devenu un rendez-vous incontournable du calendrier culturel de la région. Dix pays sont représentés cette année, et 23 films s’affrontent pour l’« Épi d’Or », trophée qui donne à la compétition son identité propre. Le président de l’Assemblée populaire communale, Hamza Belayat, a donné le ton dès son allocution d’ouverture, rappelant que cet événement est « un rendez-vous culturel important qui démontre que le cinéma porte la mémoire de la nation et reflète sa conscience vivante, tout en reflétant la réalité de la société et ses aspirations ». Une déclaration qui dit beaucoup de la manière dont les élus locaux envisagent désormais la culture non plus comme ornement, mais comme outil de cohésion et d’affirmation identitaire. Khaled Mehennaoui, directeur de l’Office de la culture et du tourisme, initiateur de la manifestation, a prolongé cette réflexion en affirmant que ces journées « constituent un espace de rencontre des cultures et une tribune pour célébrer la créativité, tout en illustrant la puissance du cinéma en tant que langage mondial qui rassemble les peuples et exprime leurs préoccupations ». La formule, ambitieuse, place Sétif dans une perspective résolument internationale, loin de tout provincialisme. La cérémonie a également réservé une place à la mémoire. Le long-métrage « Kahla ou Beida » du regretté Abderrahmane Bouguermouh a fait l’objet d’un hommage appuyé, soulignant l’empreinte durable que ce cinéaste a laissée sur la conscience culturelle de la région. La soirée s’est poursuivie avec la projection du film « Ahmed Bey » de Jamel Choorjeh, en présence de figures algériennes et arabes du grand écran, parmi lesquelles les Algériens Abdelbasset Benkhelifa, Lydia Chebout et Yasmine Amari, aux côtés des Égyptiennes Aida Riad et Hend Sabry, du Tunisien Sofiane Dahech et de la Sahraouie Souad Yarbi.
Mais la sixième édition ne se résume pas à la compétition et aux projections. Dès le lendemain, jeudi, près de quatre cents jeunes ont investi les ateliers de formation aux métiers du cinéma, transformant l’événement en véritable école à ciel ouvert. Jeu d’acteur, réalisation, écriture de scénario et maquillage : quatre disciplines encadrées par des professionnels, pour une génération qui regarde le septième art non plus comme un loisir, mais comme un horizon professionnel possible. Mehennaoui a présenté ces ateliers comme « une réelle opportunité pour découvrir de jeunes talents et les accompagner grâce à un encadrement spécialisé », ajoutant que l’objectif est de « former une nouvelle génération de créateurs dans le monde du cinéma ». La responsable de l’atelier maquillage, Karima Rabhi, a, quant à elle, livré un constat de terrain sans détour : « de nombreux participants sont arrivés sans une vision précise de cette discipline, mais ils sont motivés pour se spécialiser dans les métiers du cinéma ».
M.S.

