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Liban : L’occupation israélienne intensifie ses bombardements

Le Liban saigne alors que les forces d’occupation israéliennes ont intensifié leur campagne de destruction contre le sud du pays, multipliant frappes aériennes, bombardements d’artillerie et opérations de drones sur des localités civiles. Deir Antar, Mansouri, Qlaylé, Hanouiyé, Jouaya, Majadel, Sarafand — autant de noms qui s’ajoutent à la longue liste des villages martyrs d’un pays méthodiquement mis à feu et à sang depuis le 2 mars dernier. Le bilan humain est vertigineux. Le ministère libanais de la Santé a confirmé jeudi que les seules frappes de mercredi ont coûté la vie à 303 personnes, dont 71 femmes et 30 enfants, faisant par ailleurs plus de 1 150 blessés. Depuis le début de l’offensive, le cumul des victimes atteint désormais 1 888 morts et 6 092 blessés. Les équipes de secours poursuivent les recherches sous les décombres en plusieurs endroits ; le bilan définitif est appelé à s’alourdir encore. À Aïta Chaab, des quartiers résidentiels entiers ont été rasés. À Hanouiyé, une frappe aérienne a tué un civil et blessé un autre. Quatre soldats de l’armée libanaise ont également péri dans ces attaques. Face à cette hécatombe, la communauté internationale s’indigne — mais n’agit pas. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a qualifié la situation d’« abominable », estimant que « l’ampleur des massacres et des destructions au Liban » défie toute raison. Il a rappelé que le droit international humanitaire impose la protection des civils et des infrastructures civiles, exigeant des enquêtes « rapides et indépendantes » sur toutes les violations présumées, et un renvoi des responsables devant la justice. Des mots forts. Des actes absents.

La tragédie ne se limite pas aux morts et aux blessés. Le Programme alimentaire mondial tire la sonnette d’alarme sur une crise alimentaire en gestation rapide. Sa directrice au Liban, Allison Oman, a alerté depuis Genève que l’environnement opérationnel se détériore à une vitesse inquiétante : de nombreux convois humanitaires n’ont pu atteindre leur destination faute de garanties sécuritaires. Les agriculteurs du sud, chassés de leurs terres, ne peuvent plus produire. Les prix du pain et des légumes flambent dans tout le pays, tandis que les revenus s’effondrent. Avant même cette dernière escalade, quelque 900 000 Libanais se trouvaient déjà en situation d’insécurité alimentaire — un chiffre que le PAM juge appelé à grimper sensiblement selon une analyse à paraître prochainement. À ces drames s’ajoute une provocation supplémentaire : trois Casques bleus indonésiens servant au sein de la FINUL ont été tués en moins de deux jours fin mars dans le sud du Liban. Jakarta a saisi le Conseil de sécurité, porté par 73 États, pour réclamer une enquête approfondie. « La sûreté et la sécurité des Casques bleus de l’ONU ne sont pas négociables », a martelé le représentant indonésien à New York. Le Conseil, paralysé par ses divisions structurelles, n’a toujours pas répondu à la hauteur de l’urgence. Le Liban n’est pas seulement une nation en guerre. C’est le révélateur cruel d’un ordre international qui, face aux crimes les plus documentés, se contente de condamner sans contraindre, de témoigner sans protéger.

L.S.

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