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Ghaza et Cisjordanie occupée : L’ONU dénonce les massacres de civils palestiniens

Six mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu déjà vidé de sa substance, l’armée d’occupation sioniste poursuit son œuvre de destruction à Ghaza et en Cisjordanie occupée. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a haussé le ton depuis Genève, tandis que le bilan de l’agression génocidaire continue de s’alourdir inexorablement. Les chiffres donnent le vertige, et pourtant ils ne cessent de grimper. Depuis le 7 octobre 2023, l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait 72 328 martyrs et 172 184 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon le dernier bilan communiqué samedi par les autorités sanitaires palestiniennes. Au cours des dernières 48 heures seulement, onze corps de martyrs supplémentaires ont été transférés vers les hôpitaux, accompagnés de 26 blessés, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, 749 Palestiniens sont tombés en martyrs, 2 082 autres ont été blessés, et les corps de 759 martyrs ont été récupérés. Un cessez-le-feu de papier, qui n’a jamais arrêté les bombes. La nuit de vendredi à samedi en a fourni une nouvelle et sanglante illustration. Vers une heure quarante du matin, un drone sioniste a tiré deux missiles sur un rassemblement de civils déplacés réunis près d’une mosquée, aux abords du camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre de la bande de Ghaza. « Sept personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, dont quatre dans un état critique », a déclaré Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Ghaza. L’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, près de Deir el-Balah, a réceptionné six corps ainsi que sept blessés, « dont quatre dans un état critique en raison d’impacts directs au visage, à la poitrine et à d’autres parties du corps ». L’hôpital Al-Awda voisin a quant à lui accueilli un corps et deux blessés supplémentaires. Des images prises sur place montrent des Palestiniens rassemblés en silence autour des corps de plusieurs hommes allongés sur des brancards disposés à même le sol, avant les processions funéraires.

C’est dans ce contexte d’horreur continue que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a publié vendredi depuis Genève une déclaration d’une rare fermeté. « La vague incessante de meurtres témoigne d’un mépris persistant pour la vie des Palestiniens, rendu possible par une impunité généralisée », a-t-il affirmé dans son communiqué. S’appuyant sur les chiffres du ministère de la Santé à Ghaza, il a relevé qu’au moins 32 Palestiniens avaient été tués par les forces sionistes depuis le début du mois d’avril. « Depuis dix jours, des Palestiniens continuent d’être tués et blessés dans ce qui reste de leurs maisons, dans les abris et les tentes des familles déplacées, dans les rues, dans des véhicules, dans un centre médical et dans une salle de classe », a-t-il déploré, dressant un tableau d’une violence aveugle et méthodique qui ne distingue ni les lieux ni les personnes.

Türk a également cité le meurtre, lundi, d’un contractuel travaillant pour l’Organisation mondiale de la santé, et celui, mercredi, d’un journaliste. « Le nombre de journalistes et de membres d’organisations humanitaires tués à Ghaza est sans précédent et aggrave encore les souffrances des civils, car couvrir le conflit et répondre à ses conséquences humanitaires met votre vie en danger », a-t-il averti. À ces crimes s’ajoutent les « restrictions persistantes » imposées par l’entité sioniste à l’acheminement de l’aide humanitaire et la destruction méthodique des infrastructures civiles. Face à cette réalité, le Haut-Commissaire a posé les mots qui s’imposent : « Les Palestiniens n’ont aucun moyen de survivre : quoi qu’ils fassent ou ne fassent pas, où qu’ils aillent ou n’aillent pas, ils ne bénéficient d’aucune sécurité ni protection. Il est difficile de concilier cela avec un cessez-le-feu. » Pendant ce temps, en Cisjordanie occupée, l’étranglement se poursuit avec la même implacable régularité. Volker Türk a conclu sa déclaration par un appel direct à la communauté internationale, lui demandant d’« entreprendre des actions concrètes pour mettre fin aux violations continues du droit international, garantir que toutes les parties rendent des comptes pour les crimes commis et assurer aux Palestiniens la possibilité d’entamer la reconstruction de leurs foyers ».

L.S.

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