Après Nemour, la gymnaste Djenna Laroui choisit l’Algérie : « Je fais ce choix par conviction »
Née à Lyon de parents algériens, formée en France pendant près de dix ans et médaillée sur les plus grandes scènes mondiales, Djenna Laroui a officialisé samedi son transfert vers l’équipe nationale algérienne de gymnastique. À 21 ans, la sociétaire du PSL Lyon Montchat, qui s’entraîne à l’INSEP, tourne la page pour embrasser les couleurs de l’Algérie qui tient sa nouvelle pépite.
Ce n’était jusqu’ici qu’une rumeur persistante sur les réseaux sociaux. C’est désormais une réalité. Samedi, Djenna Laroui a publié sur son compte Instagram un message sans équivoque : « Après presque dix années passées au sein de l’équipe de France, il est temps pour moi d’annoncer une nouvelle étape importante de ma carrière. J’ai pris la décision de quitter l’équipe de France afin de rejoindre l’équipe nationale algérienne de gymnastique. » L’annonce a immédiatement enflammé la communauté sportive algérienne, qui n’a pas oublié le précédent retentissant de Kaylia Nemour, sacrée championne olympique aux barres asymétriques lors des Jeux de Paris 2024 sous les couleurs de l’Algérie, après avoir elle aussi évolué dans les rangs français. La gymnaste tient à préciser que ce basculement n’a rien d’une décision impulsive. « Ce choix, je ne l’ai pas pris à la légère. Cette idée a toujours été présente dans un coin de ma tête. Je savais qu’un jour, je changerais de nationalité sportive. Je ne savais simplement pas quand. Aujourd’hui, l’opportunité s’est présentée et j’ai décidé de la saisir », écrit-elle. Une conviction qu’elle formule encore plus clairement en ajoutant : « Je fais ce choix par conviction. Je pense que l’Algérie correspond davantage au projet que je souhaite construire pour la suite de ma carrière. »
Ce ralliement n’efface pas, dans l’esprit de la gymnaste, la reconnaissance qu’elle éprouve envers son pays de formation. Évoquant « l’immense honneur » d’avoir représenté la France, elle dresse un bilan éloquent d’un « parcours marqué par de multiples médailles aux championnats de France, ainsi qu’aux Jeux méditerranéens, en Coupe du monde, aux championnats d’Europe et aux championnats du monde ». Elle affirme qu’elle « ne regrette rien » et se dit « fière de ce chemin parcouru ».
Et pour cause : le palmarès de Djenna Laroui est celui d’une gymnaste complète et accomplie. Championne de France du concours général individuel en 2023, elle a décroché une médaille d’argent aux Jeux méditerranéens d’Oran cette même année — sur le sol algérien, fait notable —, une médaille de bronze au concours général par équipes aux Mondiaux d’Anvers en 2023, et une autre de bronze par équipes aux championnats d’Europe de Leipzig en 2025. Polyvalente, elle s’est illustrée aux barres asymétriques, au saut, au sol et au concours général individuel, faisant d’elle un renfort de poids pour une équipe algérienne en pleine ascension.
Sa carrière a toutefois traversé une zone de turbulences en 2024, lorsqu’un contrôle antidopage positif a mis sa progression entre parenthèses. La gymnaste s’est défendue publiquement, affirmant avoir été induite en erreur par une prescription médicale. Blanchie, elle a retrouvé les compétitions en 2025 et semblait prête pour un nouveau départ, que ce changement de nationalité sportive incarne désormais pleinement.
Pour la gymnastique algérienne féminine, ce recrutement s’inscrit dans une dynamique remarquable. Après Kaylia Nemour, sa sœur Elina, Louna Hamames et plus récemment Lena Khenoun, Djenna Laroui est la dernière en date d’une série de gymnastes binationales à avoir choisi de défendre les couleurs algériennes. Une tendance qui témoigne de l’attractivité croissante du projet sportif algérien, et qui laisse entrevoir de belles ambitions pour les prochaines échéances continentales et mondiales. La nouvelle venue ne devrait cependant pas participer aux championnats d’Afrique prévus du 21 au 27 avril au Cameroun, le temps que son transfert soit officiellement homologué par les instances internationales.
M. Dahleb

