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Législatives : le processus s’accélère

L’Autorité nationale indépendante des élections a ouvert la révision exceptionnelle des listes électorales, supervisée en personne par son président par intérim depuis Aïn-Defla, pendant que le FLN, le RND, le FFS, Ennahda et Jil Jadid s’activent sur le terrain pour mobiliser leurs militants. Cinquante jours avant le scrutin, le dispositif institutionnel et partisan est en ordre de marche.

C’est depuis la wilaya d’Aïn-Defla, et non depuis le siège algérois de l’institution, que Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), a choisi de donner le coup d’envoi de l’opération. Le symbole est clair : l’ANIE entend incarner sur le terrain la décentralisation de l’effort électoral. En présence du wali Aïssa Aziz Bouras, Khelfane a insisté sur le fait que tous les moyens humains, matériels et techniques ont été « mobilisés par l’État pour assurer le succès de l’opération de révision exceptionnelle des listes électorales, qui se poursuivra jusqu’au dimanche 26 avril ». Deux semaines, donc, pour permettre à chaque Algérien en âge de voter de rejoindre — ou de mettre à jour — sa situation sur le registre électoral. L’opération ne se limite pas au territoire national. Khelfane a précisé qu’elle a « également été lancée ce dimanche dans l’ensemble des représentations diplomatiques et consulaires pour la communauté nationale établie à l’étranger ». Une inclusion de la diaspora que le responsable a tenu à saluer explicitement, en rappelant l’importance accordée par l’État aux Algériens de l’étranger à travers « la candidature, l’expression de l’opinion et le vote ». L’inscription sur les listes, a-t-il martelé, « confère au citoyen le droit de vote » et constitue « une condition essentielle dans tous les dossiers de participation politique aux différentes échéances ».

65 000 bureaux de vote et 137 unités mobiles pour le Grand Sud

Les chiffres témoignent d’un effort logistique significatif. Le nombre de bureaux et centres de vote à l’échelle nationale est passé de 62 000 lors de la dernière révision en 2024 à près de 65 000 actuellement, auxquels s’ajoutent 137 bureaux itinérants destinés aux zones éloignées, notamment dans le Sud du pays. Cette extension du maillage territorial répond à une double exigence : rendre le vote physiquement accessible et contrecarrer l’abstentionnisme par la proximité. L’ANIE a par ailleurs mis en ligne un portail numérique — services.ina-elections.dz — permettant aux citoyens de vérifier leur inscription, de soumettre une demande d’enregistrement ou de radiation, sans déplacement. Sur le plan organisationnel, Khelfane a souligné l’existence d’une « coordination, coopération et complémentarité » entre les services de wilaya et les délégations de l’ANIE sur l’ensemble du territoire. Il a également évoqué les « efforts considérables déployés par l’État et les moyens nécessaires mobilisés à travers l’ANIE et les autres institutions, en vue de mettre en œuvre les engagements liés à la loi organique relative au régime électoral, en coordination et en coopération avec les différents ministères ». La numérisation interne de l’Autorité a été citée comme levier central, permettant le suivi « de manière automatisée de l’ensemble des activités menées par l’Autorité avec ses partenaires et ses relais au niveau des wilayas, des communes et à l’étranger ». Le calendrier électoral qui s’ouvre ce dimanche est balisé avec précision. Une fois la révision des listes close le 26 avril, les partis politiques et candidats indépendants procéderont au retrait des formulaires de souscription de signatures, puis au dépôt des dossiers de candidature dans un délai n’excédant pas quarante-cinq jours avant le scrutin. L’ANIE statuera ensuite sur la validité de chaque candidature par décision motivée, avec possibilité de recours pour les dossiers rejetés. La campagne électorale sera déclarée ouverte vingt-trois jours avant le vote, pour s’achever trois jours avant le scrutin — laissant place à la période de silence électoral.

Les partis s’organisent : mobilisation générale sur le terrain

Pendant que l’ANIE déploie son dispositif institutionnel, les partis politiques ont, eux, engagé leur propre course aux législatives. Le week-end du 11 et 12 avril a fourni une image saisissante de cette mobilisation parallèle. Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Bouden, a présidé samedi soir une rencontre avec les cadres et militants du parti à la commune des Eucalyptus, dans la wilaya d’Alger. Il a dit vouloir faire du 2 juillet « une halte importante » pour le RND, appelant à « la mobilisation de l’ensemble de ses énergies » et à « intensifier les rencontres avec les citoyens », notamment par « l’action de proximité ». Le Front de libération nationale (FLN), parti historique toujours en quête de reconquête, a multiplié les déplacements de terrain. Son secrétaire général Abdelkrim Benmbarek a animé samedi deux rencontres dans les wilayas de Ksar Chellala et d’Aflou. Devant les militants de Ksar Chellala, il a affirmé que le parti « traverse une étape charnière dans le processus de reconstruction et de renouveau », ajoutant qu’il « se prépare aux prochaines échéances suivant une vision claire et des mécanismes précis visant à présenter des listes électorales de qualité ainsi qu’un programme électoral ambitieux et réalisable ». À Aflou, il a estimé que « la phase actuelle impose à tous une mobilisation politique responsable », valorisant au passage la promotion de la ville au rang de wilaya comme symbole d’un État à l’écoute des citoyens. Dans la wilaya de Béjaïa, c’est le Premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, qui a présidé une rencontre à Seddouk. Sa tonalité était plus doctrinale qu’électoraliste : il a mis en avant le rôle des partis dans « la réhabilitation de l’action politique », insistant sur l’importance de « l’engagement populaire » pour renforcer le front intérieur. Il a appelé à un « effort partagé pour bâtir un nouveau contrat national et social capable de renforcer l’immunité nationale » — une manière de situer les législatives dans une perspective de long terme, au-delà du seul résultat des urnes.

Ennahda et Jil Jadid confirment leur participation

Du côté des partis qui avaient encore à trancher formellement la question de leur participation, deux annonces sont venues clarifier le paysage. Le Mouvement Ennahda a indiqué samedi dans un communiqué que son Conseil consultatif, réuni en septième session ordinaire, « a décidé de présenter des candidats aux prochaines élections législatives ». Cette décision, précise le parti, « découle de l’attachement du Mouvement à son identité politique, à son capital historique et à son programme ». La formation a appelé ses cadres et militants à « la mobilisation pour bien se préparer à ce rendez-vous électoral », en insistant sur « l’esprit d’unité et la discipline ». Le parti Jil Jadid a, lui, tenu samedi la trentième session ordinaire de son Conseil national, sous la présidence du Dr Lakhdar Amokrane. L’assemblée a formellement confirmé la participation du parti aux législatives du 2 juillet « ainsi qu’aux prochaines élections locales, communales et de wilaya ». La formation a justifié ce choix par une conviction politique affirmée : « ne pas abandonner le champ politique à la logique de fermeture et de résignation ». Une Commission nationale des élections a été constituée, chargée de sélectionner les candidats selon des critères de « compétence et d’intégrité », de superviser la campagne et d’assurer la transparence du processus interne. Le Conseil a également insisté sur la place des femmes et des jeunes dans les listes, qualifiée d’« exigence politique et démocratique, et non de simple obligation légale ».

Hocine Fadheli

Mise en garde contre un faux lien électronique pour l’inscription des encadreurs des élections 

 L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a mis en garde, dimanche dans un communiqué, contre la diffusion, sur les réseaux sociaux, de fausses annonces appelant à l’inscription des encadreurs des élections via un lien électronique frauduleux, appelant les citoyens à faire preuve de la plus grande vigilance et prudence. « Suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, de fausses annonces invitant à l’inscription des encadreurs des élections (Assesseurs) via un lien électronique frauduleux, et en application des dispositions de l’article 49 de l’ordonnance N 21-01 du 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée, l’ANIE dément formellement ces annonces mensongères relayées dans le but de faire pression, de tromper l’opinion publique et de perturber le bon déroulement de l’opération électorale », lit-on dans le communiqué. L’Autorité indépendante appelle l’ensemble des citoyennes et citoyens à « faire preuve de la plus grande vigilance et prudence, à ne pas interagir avec ces appels fallacieux et à ne partager aucun document ou donnée à caractère personnel ». Elle rappelle également que « l’ordonnance N 21-01 du 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral a fixé les délais et les modalités légales d’établissement des listes d’encadrement des bureaux et centres de vote ». Après avoir dénoncé « ces agissements qui pourraient revêtir un caractère pénal », l’ANIE a souligné qu’elle « se réserve le droit de prendre les mesures légales appropriées en vue d’engager des poursuites judiciaires contre les personnes qui propagent de tels actes ». 

APS

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