Saidal-Bioexpress : Un partenariat stratégique pour la souveraineté sanitaire
Le groupe pharmaceutique public Saidal a franchi dimanche un cap décisif dans sa stratégie de montée en gamme technologique en signant à Alger un mémorandum d’entente avec le groupe suisse Bioexpress Therapeutics, spécialisé en biotechnologie. Cet accord, qui dépasse le cadre d’un simple partenariat commercial, pose les jalons d’une ambition plus vaste : développer une industrie biotechnologique nationale capable de produire localement des médicaments de haute technologie et renforcer ainsi la souveraineté sanitaire du pays. La cérémonie de signature a réuni la présidente-directrice générale du groupe Saidal, Nabila Benygzer, le président-directeur général de Bioexpress Therapeutics, Gerrit Hagens, ainsi que le président de son conseil d’administration, Luc Alain Savoy, selon le communiqué officiel du groupe algérien. Le choix de ce partenaire suisse, acteur reconnu dans le domaine des biotechnologies, témoigne de la volonté de Saidal de s’adosser à des compétences de pointe pour accélérer sa transformation industrielle.
L’enjeu de cet accord transcende la dimension purement économique. La biotechnologie représente l’avenir de l’industrie pharmaceutique mondiale, permettant de développer des traitements innovants contre le cancer, les maladies auto-immunes ou encore les pathologies rares. Jusqu’à présent, l’Algérie reste largement dépendante des importations pour ces médicaments de nouvelle génération, ce qui pèse lourdement sur la balance commerciale et expose le système de santé aux aléas du marché international. La production locale de ces thérapies constitue donc un impératif stratégique autant qu’une opportunité de développement industriel.
Selon le communiqué du groupe Saidal, le mémorandum d’entente vise à établir un cadre de coopération dans les domaines de la biotechnologie, de la formation et du développement des compétences. Cette approche globale, qui associe transfert technologique et montée en compétences des ressources humaines, correspond à une logique d’appropriation durable des savoirs plutôt qu’à une simple opération d’importation de technologies clés en main. Le document officiel précise que cet accord s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération internationale dans les secteurs pharmaceutique et biotechnologique, avec pour objectif principal le développement des compétences nationales et la promotion d’un transfert technologique progressif.
Le communiqué souligne que cette collaboration vise à créer les conditions nécessaires à la production locale de produits biotechnologiques, contribuant ainsi au renforcement des capacités nationales et à la consolidation de la souveraineté sanitaire. Cette notion de souveraineté sanitaire, devenue centrale depuis la crise du Covid-19 qui a révélé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, guide désormais les politiques industrielles de nombreux pays. Pour l’Algérie, disposer d’une capacité de production locale en biotechnologie signifie réduire la dépendance aux importations, garantir l’accès aux traitements innovants pour les patients algériens et créer une filière industrielle à haute valeur ajoutée susceptible de générer emplois qualifiés et exportations.
La formation constitue l’autre pilier majeur de ce partenariat. Le développement d’une industrie biotechnologique nécessite des compétences scientifiques et techniques pointues que le groupe Saidal entend acquérir progressivement grâce à l’expertise suisse. Cette dimension pédagogique garantit la pérennité de la coopération au-delà des premiers transferts technologiques, en formant une génération de cadres et techniciens algériens capables de maîtriser ces procédés complexes. À travers ce partenariat, le groupe Saidal réaffirme son engagement en faveur de l’innovation, du développement du savoir-faire national et de l’intégration des technologies de pointe, tout en consolidant ses relations avec des partenaires internationaux de référence, conclut le communiqué.
Lyna Larbi

