Opéra d’Alger : Une fresque artistique incarnant l’unité dans la diversité
L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh a accueilli lundi soir une grande célébration artistique du Nouvel An amazigh « Yennayer 2976 », en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. Ce spectacle festif, réunissant une pléiade d’artistes algériens de divers horizons, a offert au public une immersion dans la profondeur de l’histoire amazighe et la richesse de ses expressions culturelles multiples. Sous le thème évocateur « Yennayer… Couleurs de l’identité et mélodies de la mémoire », cette soirée artistique a constitué un véritable voyage à travers les multiples facettes du patrimoine amazigh algérien. Le spectacle a réuni des voix remarquables représentant les divers styles musicaux amazighs, du kabyle au chaoui en passant par le mozabite, sans oublier les expressions du patrimoine saharien. L’Orchestre de variétés de l’Opéra d’Alger, placé sous la direction du maestro Mehalla Fatheddine, a accompagné ces artistes dans une fresque harmonieuse incarnant l’unité nationale dans sa diversité culturelle et sa richesse civilisationnelle.
Le public a pu savourer les prestations de l’artiste Abi Ismaïl, qui a magnifié le style mozabite, d’Abdelhamid Belbeche pour le chaoui, ainsi que de la jeune talent Inès Hassaïm dans le registre kabyle. Ces trois voix ont illustré la vitalité d’un patrimoine musical qui traverse les générations tout en conservant sa capacité de renouvellement et d’adaptation aux expressions artistiques contemporaines.
Le moment fort de la soirée est revenu à la troupe Ahellil, qui a clôturé le spectacle par des chants ancestraux du patrimoine musical amazigh authentique de la région du Gourara, dans le sud-ouest algérien. Ces chants, inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, ont permis au public de mesurer la profondeur de l’héritage culturel saharien algérien et la diversité de ses expressions artistiques. Cette performance a rappelé que le patrimoine amazigh ne se limite pas aux régions du nord du pays, mais s’étend à l’ensemble du territoire national, du littoral méditerranéen aux confins sahariens.
Le spectacle a également été ponctué par des tableaux chorégraphiques interprétés par le ballet de l’Opéra d’Alger. Ces créations, mêlant danse et musique dans une expression artistique raffinée, ont traduit la vitalité de la culture amazighe et sa capacité à dialoguer avec les formes artistiques contemporaines. Les différentes séquences musicales ont suscité une vive interaction du public mélomane, illustrant la fierté des Algériens pour leur riche héritage culturel national et leur attachement à raviver la mémoire collective tout en ancrant les symboles de l’identité nationale dans le présent.
En parallèle de cette célébration à l’Opéra, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé lundi soir au palais des Raïs, Bastion 23 à Alger, une manifestation culturelle dédiée aux traditions de la célébration de Yennayer dans la wilaya de Ouargla. À cette occasion, la ministre a pris connaissance des différents éléments du patrimoine culturel immatériel ouargli transmis de génération en génération, avec la participation d’acteurs culturels de la région issus de divers domaines. Cette double programmation témoigne de la volonté institutionnelle de valoriser l’ensemble des expressions régionales de Yennayer, tout en offrant une tribune nationale aux traditions locales.
M.S.

