Gaz naturel : L’Algérie premier fournisseur de l’Espagne en 2025
L’Algérie conserve sa place de premier fournisseur de gaz de l’Espagne en 2025, malgré le triplement des exportations américaines.
Pour la troisième année consécutive, l’Algérie s’est maintenue en tête des fournisseurs de gaz naturel de l’Espagne, et ce malgré une multiplication par 3 des exportations américaines vers le marché ibérique au cours des dernières années. Selon des médias espagnols, l’Algérie a augmenté le volume de ses exportations gazières vers Madrid de 6,3 % par rapport aux livraisons de l’année 2024, atteignant un niveau de 331.464 gigawatts/heure. Le quotidien « Capital Madrid » précise que l’Algérie a dominé la liste des fournisseurs de gaz de l’Espagne durant l’année 2025 avec une part de marché de 38,5 %, devançant les États-Unis d’Amérique qui ont pourtant triplé leurs exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers la péninsule ibérique ces dernières années. Selon la même source, l’Algérie a approvisionné le marché espagnol avec un total de 128.504 gigawatts/heure en 2025, dont 107.179 gigawatts/heure acheminés via le gazoduc Medgaz et 21.325 gigawatts/heure sous forme de gaz naturel liquéfié, soit un chiffre inférieur de 2 % à la quantité livrée en 2024. Le gazoduc Medgaz, qui relie directement Béni Saf en Algérie à Almería en Espagne, demeure ainsi l’artère principale de cet approvisionnement stratégique.
De son côté, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence sur le marché espagnol. Leurs exportations de gaz naturel liquéfié vers Madrid ont bondi de 98 % en 2025 par rapport à l’année précédente, atteignant 111.660 gigawatts/heure, soit 30 % du total des importations espagnoles de gaz durant cette période. Cette progression spectaculaire s’inscrit dans la stratégie américaine de conquête du marché européen de l’énergie, particulièrement depuis le déclenchement de la crise ukrainienne.
À l’inverse, la Russie a vu sa part diminuer drastiquement. La quantité de gaz naturel russe parvenant en Espagne a chuté de 41 % en 2025 comparativement à l’année antérieure, pour un total de 42.629 gigawatts/heure, représentant seulement 11,4 % des importations du pays. Ce recul reflète les conséquences des sanctions occidentales et de la diversification des sources d’approvisionnement énergétique européennes, en plus de l’effet de l’offensive américaine sur le marché européen depuis le retour de Trump à la Maison Blanche et la levée du moratoire sur les projets gaziers et les exportations de gaz.
Samira Ghrib

