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La ligne Béchar-Gara Djebilet entre dans sa phase finale : Une ambition qui se concrétise

Les premiers essais techniques d’un train commercial ont été lancés mercredi matin sur la nouvelle ligne ferroviaire reliant Béchar à Tindouf et Gara Djebilet. Une ligne qui symbolise une double ambition : celle dudésenclavement du Grand Sud algérien et celle de l’exploitation des immenses réserves de minerai de fer de la région, dans le cadre d’une stratégie industrielle nationale visant à renforcer la souveraineté économique du pays.

Cette opération, supervisée par le directeur général de la Société nationale des transports ferroviaires, Adj Bouaouni, et le directeur général de l’Agence nationale des études et du suivi de la réalisation des investissements ferroviaires, Fridi Azzedine, constitue un événement historique pour les populations de Tindouf et de l’ensemble du Sud-ouest. Pour la première fois, le train atteindra la wilaya de Tindouf, offrant aux habitants de ces régions une alternative moderne aux déplacements routiers et aériens qui constituaient jusqu’à présent leurs seuls moyens de transport. Cette infrastructure permettra de rejoindre Béchar puis de remonter vers le nord en direction d’Oran par voie ferroviaire, créant ainsi un corridor de développement sans précédent.

Le programme d’essais s’étale sur deux journées intensives. La première journée a été consacrée mercredi au tronçon reliant la gare de Béchar à celle de Hassi Khebi, avec des arrêts aux stations D’El Abadla, Hamaghir et Tabelbala. Le second jour est dédié au segment entre Hassi Khebi et Gara Djebilet, en passant par la station de Tindouf. Ces tests techniques visent à vérifier la disponibilité opérationnelle complète de la ligne avant son inauguration officielle et sa mise en service commercial, qui interviendra prochainement.

Cette ligne ferroviaire titanesque de 950 kilomètres représente un exploit technique remarquable. Elle comprend 1.431 ouvrages d’art, dont 45 ponts ferroviaires, 48 ponts routiers et 1.338 ouvrages hydrauliques, tous réalisés selon les normes nationales et internationales. Ces essais avec un train commercial interviennent une semaine après les premiers essais techniques opérés. Ces infrastructures ont fait l’objet de vérifications et d’inspections minutieuses par les experts concernés avant l’entrée en exploitation de ce projet d’envergure. Les premiers essais techniques ont permis, rappelons-le,  de valider l’infrastructure sur l’ensemble du tracé, tout en garantissant le respect des normes techniques rigoureuses appliquées lors de la réalisation de cette nouvelle ligne. Ils ont également porté sur le roulement du train et la vérification de son interaction avec l’infrastructure ferroviaire, notamment la voie ferrée, le système de signalisation, les ouvrages hydrauliques et les autres installations nécessaires.

Au-delà du transport de voyageurs et de marchandises entre les différentes stations jalonnant la ligne, cette infrastructure revêt une dimension stratégique majeure pour l’économie nationale. Elle permettra l’acheminement dans des conditions optimales des minerais de fer de Gara Djebilet vers les nouveaux complexes de transformation de Béchar, Tindouf et Naâma. La ligne assurera également l’approvisionnement en matières premières des usines du secteur industriel, à l’exemple du complexe sidérurgique Tosyali d’Oran, qui recevra prochainement les premières cargaisons de minerai traité. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre de la nouvelle stratégie industrielle nationale, visant à renforcer la souveraineté économique du pays en garantissant un approvisionnement régulier par voie ferroviaire en minerais destinés à l’industrie sidérurgique nationale.

La mise en exploitation officielle de cette ligne témoigne de la volonté des pouvoirs publics de transformer structurellement l’économie des régions du Sud.

Cette réalisation s’inscrit dans un programme beaucoup plus vaste de développement ferroviaire dans le Sud algérien. Le projet prévoit notamment une extension de la ligne vers Adrar, créant ainsi un maillage ferroviaire intégré dans le Sud-ouest. Parallèlement, les autorités poursuivent les études pour la réalisation d’une ligne Alger-Tamanrasset, qui achèverait de désenclaver le grand Sud et d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement économique pour ces vastes territoires longtemps isolés du reste du pays. L’ambition est claire : faire du chemin de fer le vecteur d’un développement économique équilibré et durable du territoire national.

Samir Benisid

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