Tebboune booste l’agriculture
Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé une réunion de travail consacrée à la mécanisation agricole au cours de laquelle il a décidé de créer des coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole, de tous types, au profit des agriculteurs.
Fini le temps où chaque agriculteur devait investir seul des millions pour s’équiper. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a décidé de créer des coopératives de location de matériel agricole accessibles à tous les exploitants et un Conseil national de la mécanisation agricole. Objectif affiché : faire bondir les superficies cultivées et la productivité nationale pour mettre l’Algérie à l’abri des turbulences des marchés mondiaux et garantir sa souveraineté alimentaire. Selon le communiqué de la présidence de la République, « le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé une réunion de travail consacrée à la mécanisation agricole » au cours de laquelle il « a décidé de créer des coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole, de tous types, au profit des agriculteurs, dans le but d’élargir les superficies cultivées et d’augmenter la productivité de la production agricole nationale, conformément aux décisions et recommandations du dernier Conseil des ministres ». Le communiqué précise également que « le Président de la République a également décidé de la création d’un Conseil national de la mécanisation agricole ». Cette réunion stratégique a rassemblé le Directeur de Cabinet de la Présidence, le Premier ministre, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, le ministre de l’Industrie, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, ainsi que des responsables d’entreprises et d’institutions algériennes de fabrication et de production de matériel agricole, soulignant ainsi l’importance accordée par les plus hautes autorités de l’État à cette question cruciale.
Ces décisions s’inscrivent dans le prolongement direct des orientations fixées lors du Conseil des ministres du 11 janvier dernier, consacré à la feuille de route du secteur agricole pour 2026. À cette occasion, le président Tebboune avait donné des instructions claires sur la poursuite de l’organisation du secteur et le maintien en tête des priorités de l’objectif d’augmentation du taux de production par hectare. Le chef de l’État avait également ordonné la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour accroître les capacités de production céréalière, insistant sur l’impératif d’adopter des méthodes scientifiques dans toutes les étapes de la culture, selon une stratégie intégrée associant experts et ingénieurs agronomes.
La création de coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole répond à un besoin criant des agriculteurs algériens qui peinent souvent à acquérir des équipements coûteux. Ce système mutualisé devrait permettre à un plus grand nombre d’exploitants d’accéder à des machines performantes pour leurs récoltes et leurs travaux agricoles, sans avoir à supporter seuls l’investissement initial considérable. Cette approche collective s’inscrit pleinement dans la politique de soutien aux coopératives que le président de la République encourage activement, notamment à travers les nouvelles mesures incitatives que l’État continue d’accorder.
Importation de matériel agricole
Le Conseil national de la mécanisation agricole, quant à lui, aura pour mission de coordonner et d’orienter la stratégie nationale en matière d’équipements agricoles. Cette instance devrait permettre une meilleure planification des besoins, une rationalisation des importations et un développement de la production locale de matériel agricole, impliquant ainsi l’ensemble des acteurs de la filière, des fabricants nationaux aux utilisateurs finaux.
Ces mesures interviennent dans un contexte où l’Algérie poursuit avec détermination son objectif d’extension de la surface agricole cultivée à trois millions d’hectares. Lors du Conseil des ministres de novembre 2025, le président Tebboune avait déjà ordonné l’importation immédiate de moissonneuses et de matériels de semis, avec la possibilité d’importer des machines de moins de cinq ans destinées à la récolte du maïs et des graines oléagineuses, dont le tournesol. Cette décision visait à pallier rapidement le manque d’équipements dont souffrent de nombreux agriculteurs.
L’enjeu est de taille pour l’Algérie qui a lancé ces dernières années d’ambitieux projets agricoles, notamment dans les régions sahariennes. Les investissements du groupe italien BF à Timimoune pour la production de blé dur et de légumineuses, ou encore la mégaferme du Qatari Baladna à Adrar pour produire du lait en poudre, du blé et de l’aliment de bétail, nécessitent une mécanisation moderne et performante pour atteindre leurs objectifs de production.
Le président de la République avait également ordonné la révision de la loi d’orientation agricole, incluant les mécanismes d’organisation et de régulation de la production agricole, avec pour objectif de travailler selon la règle de la réduction des importations sans créer de pénurie sur le marché. Cette stratégie globale vise à garantir la sécurité alimentaire du pays tout en développant les capacités productives nationales.
Par ailleurs, le chef de l’État avait demandé au ministre de l’Agriculture de trouver des solutions appropriées et urgentes pour relancer la production de viandes rouges et blanches, de manière à répondre aux besoins du marché national, en associant les producteurs et les éleveurs. Il avait également réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre la régularisation du foncier agricole au profit des acteurs sur le terrain, condition indispensable pour atteindre les meilleurs niveaux de production.
La création des coopératives de location et du Conseil national de la mécanisation agricole constitue ainsi une réponse concrète et structurante aux défis de modernisation du secteur agricole algérien, dans une dynamique globale de renforcement de la souveraineté alimentaire nationale.
Amar Malki

