Culture

Patrimoine : Un ouvrage pour préserver la mémoire de Djanet

Le chercheur et enseignant Othmane Ben Sid-Ahmed Beneggas vient de publier « L’ère des aïeux et les us de l’ancienne Djanet », un ouvrage de 190 pages consacré au patrimoine socioculturel de cette cité saharienne. Édité par la maison « Djawda », ce travail de documentation et d’analyse se présente comme une référence pour comprendre l’histoire et la civilisation de cette région, a annoncé mardi l’auteur. Cette nouvelle parution enrichit la bibliographie consacrée au patrimoine immatériel du Sahara algérien, territoire où se perpétuent des traditions millénaires menacées par les bouleversements de la modernité. L’ouvrage d’Othmane Ben Sid-Ahmed Beneggas se distingue par son approche pluridisciplinaire, croisant sociologie et anthropologie pour dresser un tableau vivant des us et coutumes qui ont façonné l’identité de Djanet à travers les siècles. Destiné aux chercheurs et aux passionnés d’histoire saharienne, ce travail documentaire ambitionne de constituer une référence académique sur le legs socioculturel de cette ville emblématique du Tassili N’Ajjer. L’architecture de l’ouvrage repose sur une structure tripartite qui embrasse l’ensemble des manifestations culturelles et sociales de Djanet. Le premier chapitre explore le calendrier festif dans toutes ses dimensions, abordant aussi bien les fêtes religieuses que les célébrations nationales et les événements sociaux qui rythment la vie collective. Cette cartographie des temps forts de la communauté révèle comment le sacré et le profane s’entrecroisent dans l’organisation sociale traditionnelle. Le deuxième volet de l’étude se concentre sur la sphère familiale, cœur battant de la transmission culturelle. L’auteur y décrit minutieusement les rituels qui accompagnent les grands moments de l’existence : les cérémonies nuptiales avec leur protocole élaboré, les célébrations de naissance qui accueillent les nouveaux membres de la communauté, et les rites funéraires qui honorent les défunts. Dans cette partie, Othmane Ben Sid-Ahmed Beneggas met particulièrement en lumière le rôle central des femmes, qu’il présente comme les véritables gardiennes du patrimoine. Dépositaires des savoirs ancestraux, protectrices des traditions face aux assauts du temps, et transmettrices privilégiées auprès des nouvelles générations, les femmes de Djanet apparaissent comme les piliers de la continuité culturelle. Le troisième et dernier chapitre s’attache aux pratiques agraires et au calendrier qui régit les travaux des champs. Cette section révèle la profondeur des connaissances empiriques accumulées par les communautés sahariennes, illustrant les rapports subtils que l’homme du désert a tissés avec une terre aride et avec la voûte céleste. L’observation des astres, la lecture des saisons et la maîtrise des cycles naturels y apparaissent comme des sciences vernaculaires indispensables à la survie dans un environnement hostile.

La méthodologie adoptée par le chercheur confère à son travail une dimension ethnographique précieuse. Plutôt que de se contenter de sources livresques, Othmane Ben Sid-Ahmed Beneggas a mené une enquête de terrain approfondie, multipliant les entretiens avec les habitants et les observations directes. Ses investigations l’ont conduit dans les ksour d’Ighermène, d’El-Mizane, d’Adjahil et d’Azelouaz, ces villages fortifiés qui constituent l’ossature de l’habitat traditionnel de la région. Cette immersion lui a permis de saisir la réalité quotidienne des habitants de Djanet, au-delà des représentations figées ou idéalisées.

M.S.

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