Alger convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France après une nouvelle provocation : Une escalade antialgérienne !
L’Algérie dénonce l’implication de l’ambassade de France et de l’ambassadeur lui-même dans une véritable campagne antialgérienne orchestrée avec la complicité de milieux officiels français.
Le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines a convoqué samedi le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester avec la plus grande fermeté contre la diffusion par la chaîne publique France 2 d’un programme présenté comme un documentaire mais qui est en fait un « tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices ». Cette convocation intervient dans un contexte de relations bilatérales déjà fortement dégradées et marque une nouvelle étape dans la crise diplomatique entre les deux pays, l’Algérie dénonçant l’implication de l’ambassade de France et de l’ambassadeur lui-même dans une véritable campagne antialgérienne orchestrée avec la complicité de milieux officiels français.
Dans un communiqué rendu public samedi, le ministère des Affaires étrangères a exprimé la position sans équivoque du gouvernement algérien face à une agression caractérisée. Le texte souligne avec force quatre points essentiels qui témoignent de la gravité de la situation. Premièrement, la diplomatie algérienne pointe « la responsabilité d’une chaîne de service public français dans cette véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles », ajoutant qu’une telle offensive « ne se serait jamais autorisée sans la complicité ou à tout le moins l’assentiment de sa tutelle publique ».
Le ministère dénonce également, et c’est le deuxième point soulevé auprès du diplomate français, une rupture flagrante avec les usages diplomatiques. « Contrairement à toutes les pratiques et coutumes diplomatiques, la contribution de l’ambassade de France à Alger et celle de l’ambassadeur personnellement à l’animation de cette campagne outrageante menée par cette chaîne publique renforce le sentiment que celle-ci a bénéficié d’une onction de services officiels français », précise le communiqué. Cette implication directe de la représentation diplomatique française constitue, aux yeux d’Alger, une violation manifeste des conventions régissant les relations entre États.
Troisièmement, le ministère des Affaires étrangères inscrit cet épisode dans une dynamique plus large et plus inquiétante. « L’agissement de la chaîne française en cause représente une nouvelle étape dans l’escalade des menées antialgériennes que des milieux officiels français entretiennent à des fins de maintien des relations algéro-françaises dans un état de crise permanent », affirme le texte. Cette analyse suggère qu’au-delà d’un simple incident médiatique, c’est une stratégie délibérée de tension qui est à l’œuvre.
Enfin, Alger « condamne avec une extrême vigueur l’émission en cause et la teneur inqualifiable des accusations et des offenses qu’elle véhicule à propos de l’État algérien et de ses institutions », tout en exprimant « sa très forte désapprobation de l’implication de l’ambassadeur de France à Alger dans la commission d’actes manifestement contraires à l’exercice de sa mission telle que codifiée par les lois et consacrée par les coutumes internationales ». Le communiqué conclut en notifiant que « le Gouvernement algérien se réserve le droit de donner toutes les suites qu’appelle la gravité de tels agissements ».
Obsession algérienne
L’émission de France 2 intitulée « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie », diffusée jeudi soir, devait théoriquement traiter de la dégradation des relations franco-algériennes. Mais le contenu du programme a rapidement révélé une tout autre orientation, jetant le soupçon sur les élus franco-algériens et plus largement sur les Algériens de France. Le cœur du documentaire s’est concentré sur les binationaux franco-algériens, notamment les élus, en mettant en doute leur loyauté et en les présentant presque comme une cinquième colonne opérant sur le territoire français.
L’émission a notamment utilisé une note de la Direction générale de la sécurité extérieure concernant une élue française d’origine algérienne qui aurait été contactée par un consulat d’Algérie pour « faire la promotion de l’algérianité ». Au-delà des élus, ce sont également les cadres d’origine algérienne travaillant dans l’administration française qui sont pointés du doigt, selon le même procédé consistant à généraliser à partir de cas particuliers pour jeter le soupçon de double allégeance sur l’ensemble de cette communauté.
L’analyse de ce programme révèle une dérive assumée d’un média public qui a troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française. Il ne s’agit ni d’une enquête ni d’un travail d’information équilibré, mais d’une entreprise de désinformation méthodique où l’Algérie sert de cible obsessionnelle. France Télévisions, censée incarner la rigueur du service public, adopte ainsi les thèses de l’extrême droite en offrant une tribune à ceux qui ont fait de l’hostilité envers l’Algérie leur fonds de commerce politique et médiatique.
L’obsession algérienne d’une frange de la classe politique française a atteint des sommets, cristallisée notamment autour de l’ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt connu pour se positions anti-algériennes assumées, dont les interventions répétées sur les plateaux télévisés relève d’une véritable pathologie. Cet individu, qui aurait selon certaines sources tenté durant ses mandats en Algérie de fragiliser le pays, bénéficierait aujourd’hui d’une visibilité médiatique importante, promu au rang de « spécialiste incontournable » alors que son discours repose principalement sur l’outrance et la provocation.
Ce n’est pas la première fois que France Télévisions est accusée de s’attaquer à l’Algérie, cette émission constituant la troisième offensive du genre, alimentée par des récits biaisés et des approximations grossières.
Cette nouvelle provocation survient dans un contexte de relations bilatérales déjà très dégradées et risque d’aggraver encore davantage la crise diplomatique entre Paris et Alger. En utilisant le service public pour véhiculer ce type de contenu, la France médiatique révèle son incapacité à regarder l’Algérie autrement qu’à travers le prisme du ressentiment et de la nostalgie coloniale, tout en tentant de régler ses propres fractures identitaires sur le dos de l’Algérie.
Salim Amokrane

