Exhibition d’un drapeau israélien à la frontière algéro-marocaine : Au-delà de la provocation, un acte de soumission du Makhzen
La frontière algéro-marocaine a été, une fois de plus, le théâtre d’une provocation inédite et lourde de sens. Jeudi 22 janvier, près de la ville de Saïdia, du côté marocain, une femme, identifiée comme touriste israélienne, a brandi le drapeau de l’entité sioniste face aux Algériens présents de l’autre côté de la ligne frontalière. La scène, relayée sur les réseaux sociaux, a été applaudie par énergumènes, des Marocains et des touristes israéliens présents, révélant, la soumission totale du régime marocain à l’entité sioniste, qui s’installe toujours plus ouvertement au Maroc.
Cet acte ne peut être interprété comme un geste isolé. Il s’inscrit dans la longue liste des provocations répétées du Makhzen à l’encontre de l’Algérie, marquant une escalade inquiétante dans les relations déjà extrêmement tendues entre les deux pays voisins. L’exhibition ostentatoire d’un symbole associé à l’occupation et aux crimes contre l’humanité contre le peuple palestinien constitue non seulement une provocation pour l’Algérie mais aussi une manifestation claire de l’ingérence sioniste au Maroc, qui tend vers une véritable occupation idéologique et économique, facilitée par l’alliance scellée depuis la normalisation de 2020. Depuis cette date, le royaume chérifien a multiplié les coopérations militaires et sécuritaires avec l’entité sioniste, permettant même à des soldats israéliens de fouler le sol marocain. Les entreprises israéliennes ont investi dans des projets stratégiques, notamment dans le secteur militaire, et la politique de normalisation de Rabat, renforcée pendant le génocide de Ghaza en 2023, traduit une adhésion sans réserve à l’agenda de l’entité sioniste, au détriment de la souveraineté régionale et de la paix.
Face à cette provocation, les Algériens présents ont réagi avec dignité et solidarité en brandissant le drapeau palestinien, un geste symbolique largement salué par la communauté internationale et par les défenseurs de la cause palestinienne. Ce face-à-face illustre, selon le Front marocain de soutien à la Palestine et de lutte contre la normalisation, « la violation flagrante d’un espace frontalier et l’alignement du Maroc sur l’occupation israélienne », condamnant fermement la normalisation officielle et non officielle, contraire à la volonté populaire marocaine solidaire de la Palestine.
L’incident intervient dans un contexte tendu, où les médias et réseaux sociaux marocains multiplient les campagnes contre l’Algérie. Ces attaques médiatiques et ces gestes provocateurs traduisent une stratégie délibérée pour tenter en vain d’intimider l’Algérie et redorer l’image d’un royaume de plus en plus discrédité aux yeux de l’opinion arabe et internationale.
Au Maroc, cette exhibition a suscité l’indignation et traduit la rupture totale du régime du Makhzen avec la population. Le comité local contre la normalisation a annoncé une action de protestation sur les lieux de l’incident, rappelant que « l’emprisonnement des militants solidaires de la Palestine ne fera jamais taire la voix de la conscience populaire ». La provocation du 22 janvier est un indicateur inquiétant de l’influence croissante de l’entité sioniste sur le Maroc et de la complicité de ses autorités dans l’occupation de facto de leur territoire par des intérêts étrangers.
Alors que la région reste marquée par des tensions géopolitiques, cet incident souligne l’urgence pour l’Algérie de rester vigilante, de réaffirmer sa souveraineté face aux alliances qui menacent la paix et la stabilité dans le Maghreb.
Salim Amokrane

