Ghrieb insiste sur la numérisation et la simplification des procédures : Le Gouvernement affine le dispositif de régulation des importations
Le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé lundi une réunion du Haut conseil de la régulation des importations, axée sur le bilan 2025 et les prévisions 2026. L’exécutif entend concilier protection de la production nationale, préservation des réserves de change et approvisionnement régulier du marché, dans un contexte de hausse des importations.
Le Gouvernement poursuit son effort de maîtrise du commerce extérieur. Lundi, le Premier ministre Sifi Ghrieb a réuni le Haut conseil de la régulation des importations pour examiner le bilan des importations de biens et services en 2025 et définir les orientations pour l’année en cours. Cette rencontre s’inscrit dans la stratégie de rééquilibrage de la balance commerciale, mise sous pression par une facture d’importations en forte progression. Selon le communiqué des services du Premier ministre, « le Haut conseil de la régulation des importations a passé en revue les mesures visant l’amélioration du dispositif d’encadrement des importations à travers une meilleure prise en charge des attentes des opérateurs économiques, afin de répondre aux besoins réels de l’économie nationale ». Le texte souligne que « l’accent a été mis sur la simplification et la numérisation des procédures d’importation et à la coordination intersectorielle de manière à assurer un meilleur traitement et suivi des opérations d’importation, sans omettre la finalité même de ce dispositif qui est de promouvoir la production nationale et le développement de l’investissement ».
Cette démarche vise à équilibrer plusieurs impératifs: réguler les importations pour protéger la production nationale et préserver les réserves de change, tout en garantissant un approvisionnement suffisant et régulier du marché intérieur. L’exécutif cherche ainsi à éviter les tensions sur les prix à la consommation et les ruptures de stock, tout en endiguant la fuite des devises.
Le dispositif de régulation repose depuis juillet 2025 sur l’obligation de présenter un Programme prévisionnel d’importation validé par le ministère du Commerce extérieur avant toute domiciliation bancaire et dédouanement de marchandises. Cette mesure répond à l’envolée de la facture d’importations, qui a bondi de 28 % durant le premier semestre 2025, mettant sous pression les finances extérieures du pays.
Instauré pour le second semestre 2025, le PPI a été reconduit pour le premier semestre 2026. Ce mécanisme vise à renforcer le contrôle sur le commerce extérieur et à lutter contre la fraude, tout en permettant à l’administration d’anticiper les flux d’importations et d’orienter les autorisations en fonction des priorités économiques nationales.
La simplification administrative et la numérisation des procédures constituent des axes prioritaires pour l’exécutif, qui souhaite améliorer la fluidité des échanges sans sacrifier le contrôle. La coordination intersectorielle entre les différents ministères concernés doit permettre un traitement plus cohérent et rapide des demandes d’importation, réduisant ainsi les délais qui pèsent sur l’activité des entreprises.
Au-delà du contrôle des flux, le gouvernement affiche une ambition structurelle : utiliser la régulation des importations comme levier pour stimuler la production locale et attirer les investissements dans les secteurs stratégiques.
Cette politique de régulation s’accompagne toutefois de défis opérationnels. Les opérateurs économiques dénoncent régulièrement la complexité administrative et les délais de validation des dossiers, qui fragilisent leur trésorerie et leur capacité à honorer leurs engagements commerciaux.
L’enjeu pour l’exécutif reste de trouver le point d’équilibre entre contrôle des importations et fluidité économique, entre protection de la production nationale et satisfaction des besoins du marché. La réunion du Haut conseil de la régulation des importations témoigne de la volonté gouvernementale d’affiner un dispositif encore perfectible, dans un contexte économique marqué par la nécessité de diversifier les sources de revenus et de préserver les équilibres macroéconomiques.
Sabrina Aziouez

