Le Trésor public ouvre mardi la souscription : L’Algérie lance ses premiers Sukuk souverains
Le Trésor public ouvre mardi la souscription aux Sukuk souverains « Ijara Usufruit », des titres islamiques adossés à des actifs immobiliers de l’État. Cette opération à durée limitée vise à diversifier le financement public tout en offrant aux épargnants un rendement de 6 pour cent sur sept ans, exonéré d’impôts. Le Trésor public a annoncé lundi l’ouverture de la souscription aux Sukuk souverains « Ijara Usufruit », premier instrument de ce type émis par l’État algérien pour capter l’épargne nationale et financer ses besoins budgétaires. Cette opération, encadrée par la loi de finances 2025 et les textes réglementaires de 2026, répond à une double ambition : élargir les sources de financement de l’État et proposer aux épargnants des produits conformes aux préceptes de la charia. Selon le communiqué du Trésor public, « ce produit financier est adossé à des actifs réels appartenant à l’État » et « offre une opportunité d’investissement à rendement attractif, sécurisée, accessible et transparente, répondant à une demande croissante pour des produits conformes à la charia ». Le Trésor précise que cette initiative « marque une étape majeure dans le développement du marché financier national et dans la consolidation de la finance islamique en Algérie » et « s’inscrit dans une vision visant à diversifier les sources de financement de l’État, à mobiliser l’épargne nationale et à proposer des instruments financiers conformes aux principes de la finance islamique, en tant qu’instrument complémentaire aux mécanismes de financement existants ».
Ces Sukuk fonctionnent selon le mécanisme Ijara, qui repose sur la location d’actifs immobiliers publics. Les souscripteurs acquièrent des parts dans un portefeuille d’actifs étatiques et perçoivent en contrepartie un rendement annuel de 6 % sur une durée de sept ans. L’article 179 de la loi de finances 2025 et les arrêtés ultérieurs octroient une exonération fiscale totale sur les revenus et les plus-values de ces titres, à condition qu’ils soient conservés au moins cinq ans. Cette mesure vise à encourager l’épargne longue et à canaliser les liquidités thésaurisées hors du système bancaire vers le financement de l’économie nationale.
Le Trésor public insiste sur le caractère limité de l’opération. « Étant clôturée dès l’atteinte des objectifs fixés pour l’émission, ce qui renforce son attractivité et son positionnement stratégique », précise le communiqué. Les citoyens algériens, résidents ou non-résidents, pourront souscrire via les banques, les compagnies d’assurances et les trésoreries de wilaya. Le site officiel www.sukuk.mf.gov.dz centralise les informations pratiques sur les modalités de souscription.
L’émission de ces Sukuk répond à un besoin urgent de financement. Le projet de loi de finances 2026 prévoit des recettes de 8 009 milliards de dinars pour des dépenses atteignant 17 636,7 milliards de dinars, créant un déficit substantiel que l’État entend combler en partie grâce à ces nouveaux instruments. La première émission, lancée le 2 novembre 2025, avait ouvert la voie à cette opération d’envergure destinée au grand public. Au-delà de la captation d’épargne, cette initiative traduit une volonté politique d’inclusion financière et de modernisation du marché des capitaux. Le Trésor public affirme que l’opération reflète « la volonté des autorités publiques de renforcer l’inclusion financière, de dynamiser le marché des capitaux et de consolider la confiance dans les nouveaux instruments financiers ». En proposant des produits négociables et garantis par l’État, les autorités espèrent attirer les épargnants sensibles aux principes de la finance islamique, mais aussi ceux qui recherchent des placements sécurisés à rendement fixe dans un contexte d’inflation persistante. Les Sukuk souverains constituent également un levier de diversification des ressources budgétaires.
Amar Malki

