Lutte contre le cancer : 25 nouveaux services de radiothérapie pour résorber le déficit
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a annoncé lundi devant la commission de la santé de l’Assemblée populaire nationale le déploiement de 25 nouveaux services de radiothérapie à travers le territoire national, dans le cadre d’un vaste plan de renforcement de la prise en charge des patients cancéreux qui s’accompagne d’une accélération de la numérisation du secteur sanitaire. Lors de son exposé devant la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle, le ministre a détaillé « un ensemble de mesures prises, dont essentiellement le renforcement du secteur avec des services dotés en radiothérapie ». Ces 25 nouveaux services seront déployés « au niveau des nouveaux établissements hospitaliers, des hôpitaux en cours de réalisation et de certains établissements hospitaliers », a-t-il précisé, annonçant également « l’acquisition de 11 générateurs de rayons X ». Pour garantir la continuité des soins oncologiques et éviter les dysfonctionnements qui ont marqué ce secteur sensible par le passé, M. Ait Messaoudene a insisté sur la nécessité d' »effectuer de la maintenance et de l’entretien préventifs » des accélérateurs de rayons X. Il a souligné l’importance de « mobiliser les dotations financières indispensables aux dépenses de la maintenance, prises en charge par le compte d’affectation spéciale dédié à la lutte contre le cancer », tout en mentionnant la priorité accordée à « la formation spécialisée des utilisateurs des matériels de radiothérapie ». Le ministre a expliqué que le secteur œuvre pour « une exploitation la plus efficiente des ressources mises à disposition par l’État, afin d’assurer une prise en charge idoine des cancéreux ». Dans cette perspective, il a fait état du « renforcement du secteur avec cinq établissements hospitaliers spécialisés dans le traitement du cancer, dans les wilayas de Chlef, Tiaret, Bejaïa et Oran, et dont les travaux sont en voie de parachèvement ».
Concernant l’organisation des soins spécialisés, M. Ait Messaoudene a relevé « le recours à la numérisation dans le suivi des dossiers des malades, dans leur transfert et dans l’organisation des urgences médicales ». Le ministre a d’ailleurs mis l’accent sur « la généralisation de la numérisation » dans l’ensemble du secteur, rappelant que tous les services d’urgence et polycliniques sont désormais numérisés, et que des travaux sont en cours pour « généraliser l’utilisation de la plateforme des ordonnances électroniques et la mise en place progressive des dossiers médicaux électroniques dans les hôpitaux ». Il a également évoqué la mise en service de « nouvelles plateformes numériques pour la gestion des différentes opérations, notamment le transfert des patients, la gestion des pharmacies privées et l’organisation des rendez-vous de radiothérapie ». DaLe ministre a révélé les préparatifs en cours pour le lancement d’une plateforme numérique exploitant l’intelligence artificielle pour « la lecture à distance d’images radiologiques médicales », ainsi qu’une application mobile qui permettra au citoyen « d’accéder à son dossier médical, de prendre rendez-vous avec les spécialistes et de faire des consultations et des examens médicaux rapidement à distance ».
Sur le volet des ressources humaines, M. Ait Messaoudene a indiqué que « les amendements apportés aux nouveaux statuts particuliers des professionnels du secteur de la santé sont en cours de débat, sur la base des propositions des partenaires sociaux dans le cadre d’une commission ministérielle mise en place à cet effet ». Il a également annoncé qu’un accord a été conclu avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour « augmenter le nombre des médecins résidents dans certaines spécialités, élargir l’éventail des spécialités et augmenter le nombre de wilayas concernées par le programme de formation de spécialistes, au profit de la population des wilayas du sud et des hauts plateaux ».
Malik Meziane

