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Négociations internationales sur le climat : Tebboune appelle à une position africaine unifiée

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a plaidé vendredi depuis Addis-Abeba pour le maintien de la cohésion du groupe africain lors des prochaines négociations internationales sur le climat, seul moyen selon lui de défendre efficacement les intérêts communs du continent et d’obtenir une transition énergétique équitable qui profite à l’ensemble des États africains, tout en appelant à éviter les approches individuelles qui ignorent les réalités spécifiques de la région.

S’exprimant lors des travaux du Comité des chefs d’État et de gouvernement africains chargé du changement climatique, dans une allocution lue par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le Président Tebboune a insisté sur « l’importance de préserver la cohésion du groupe africain lors des prochaines négociations internationales et de s’efforcer de réaliser une transition juste qui profite à tous nos États, en s’éloignant des approches individuelles qui ignorent une réalité ancrée dans notre continent ». Il a affirmé à cet égard que « l’adoption d’une position unifiée est le meilleur moyen de défendre nos intérêts communs, de bâtir des partenariats internationaux et régionaux ambitieux, d’augmenter les financements destinés à nos pays et de faciliter le transfert de technologies pour faire face au dilemme climatique complexe ».

Cette position unitaire doit néanmoins, selon le chef de l’État, tenir compte des circonstances nationales et des capacités différenciées des États africains, particulièrement dans un contexte de recul notable du financement international. Face aux « difficultés croissantes que rencontrent nos économies dans les équations climatique et commerciale », le président Tebboune estime qu' »il est devenu nécessaire d’adopter une approche qui réponde véritablement à nos besoins et encourage les initiatives régionales, continentales et la coopération Sud-Sud ». Cette vision s’inscrit dans une démarche pragmatique visant à garantir que les engagements climatiques ne se fassent pas au détriment du développement économique et social des pays africains.

Comme contribution à cet effort continental, le président de la République a annoncé que l’Algérie a lancé une initiative visant à créer une force civile africaine de réponse aux catastrophes naturelles, destinée à « garantir une intervention immédiate et efficace et à fournir le soutien nécessaire aux États touchés ». Cette proposition reflète la volonté algérienne de traduire dans les faits le principe de solidarité africaine face aux défis climatiques qui frappent de manière disproportionnée le continent.

Dans un rappel historique chargé de symboles, le président Tebboune a souligné que l’Afrique, « qui a toujours été une source inépuisable de richesses, a vu ses peuples privés pendant des décennies de leurs ressources du fait de politiques coloniales racistes ». Il a estimé qu’il lui appartient aujourd’hui « d’occuper la place digne de son potentiel et de son histoire, dans le cadre d’un système international multilatéral qui aspire à réaliser la justice climatique et garantit le droit au développement ». Pour atteindre cet objectif, le chef de l’État a insisté sur la nécessité pour tous les pays du continent de travailler pour que les acquis de leur croissance ne se perdent pas au milieu des transformations géopolitiques accélérées, réaffirmant la disponibilité totale de l’Algérie à contribuer à la réalisation de ce noble objectif. Il a également souligné que le respect des engagements climatiques « dépend de la réalisation d’une véritable justice climatique, incarnant les principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées, et que les pays développés doivent mener les efforts mondiaux en réduisant leurs émissions et en fournissant le soutien financier et technologique nécessaire aux pays en développement, notamment africains ».

Le MAEP, outil stratégique de gouvernance continentale

En marge de cette intervention sur le climat, le président Tebboune a dressé un bilan de la présidence algérienne du Forum des chefs d’État et de gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs pour la période 2024-2026. Dans une allocution lue par le Premier ministre lors du trente-cinquième Forum du MAEP, il a indiqué que l’Algérie a œuvré durant cette présidence à « repositionner ce Mécanisme comme un outil stratégique crédible et efficace, en droite ligne avec les priorités de l’Union africaine et l’Agenda 2063 ».

L’engagement algérien en faveur de la promotion des principes du MAEP « s’inscrit dans le prolongement naturel de sa participation active aux mécanismes continentaux de l’UA » et « repose sur le respect de la souveraineté des États membres, le multilatéralisme africain et la coopération intergouvernementale entre les pays du continent », conformément aux « traditions diplomatiques de l’Algérie, visant à promouvoir le dialogue et à favoriser les solutions africaines aux défis africains », a-t-il précisé.

Parmi les réalisations majeures de cette présidence figurent l’adoption et la mise en œuvre du Plan stratégique du MAEP pour 2025-2028, l’intégration de la gouvernance électronique comme thème central, et la promotion de la contribution du Mécanisme à la prévention des conflits à travers le dialogue avec le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Le président Tebboune a également rappelé la contribution volontaire de l’Algérie d’un million de dollars, traduisant « notre confiance dans le Mécanisme et dans son rôle pivot dans la promotion de la gouvernance sur notre continent ».

La direction « judicieuse et éclairée » du président Tebboune à la tête du Forum a été largement saluée par les participants, notamment le président éthiopien Taye Atske Sélassié, la directrice générale du Secrétariat continental du MAEP et le président de la Commission de l’UA, qui ont tous souligné les réalisations inédites accomplies sous la présidence algérienne. Le président de la République a officiellement passé le témoin à son homologue ougandais Yoweri Kaguta Museveni, affirmant que l’Algérie demeure « pleinement disposée à partager son expérience et le bilan de sa présidence du Forum avec l’Ouganda ».

Chokri Hafed

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