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Récupération des bouteilles en plastique : Le tri sélectif lancé dans ses centres commerciaux

Le geste est symbolique autant que stratégique. Le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la Vie a officiellement lancé, dimanche depuis le centre commercial Marina Mall d’Alger, une initiative pilote de tri et de récupération des bouteilles plastiques dans les grandes surfaces à travers le territoire national. Une opération menée en coordination avec le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national ainsi que le Conseil du renouveau économique algérien, et qui s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de lutte contre le gaspillage. Présidée par le secrétaire général du ministère de l’Environnement, Karim Baba, la cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs responsables institutionnels, dont Bilal Ouali, représentant du ministère du Commerce, Hayat Achour, directrice générale de l’Institut national des formations environnementales, et Fatima Zohra Barsa, chargée de la gestion de l’Agence nationale des déchets. L’initiative a simultanément été déployée dans des centres commerciaux répartis sur quinze wilayas, associant opérateurs de terrain, institutions spécialisées et jeunesse scolaire.

Les enjeux sont considérables. Selon Fatima Zohra Barsa, les bouteilles plastiques représentent aujourd’hui « 3,57 % de l’ensemble des déchets produits, soit l’équivalent de 490 000 tonnes par an » — une manne inexploitée à laquelle quelque 1 900 opérateurs économiques activent déjà dans le domaine de la valorisation et de la récupération des déchets ménagers. Des chiffres qui donnent toute sa mesure à l’ambition affichée : faire du déchet une ressource, et non plus un fardeau.

Pour Bilal Ouali, l’initiative dépasse largement le cadre d’une opération de communication ponctuelle. « Ce n’est pas une mesure conjoncturelle », a-t-il insisté, mais bien « un projet visant à ancrer une culture environnementale qui transforme les déchets en ressource économique importante pour réduire la pollution ». Il a également mis en avant les perspectives d’investissement dans ce secteur, notamment pour les start-ups et l’artisanat traditionnel, soulignant leur rôle potentiel dans le renforcement des chaînes de valeur locales liées au recyclage. Hayat Achour a pour sa part rappelé l’ancrage législatif de la démarche, précisant que l’initiative vise à encourager l’application de la loi 25-02 relative à la gestion des déchets, un texte qui « promeut l’économie circulaire et incite les entreprises à entrer dans le monde de la valorisation et du recyclage ». L’implication des enfants dans les ateliers de sensibilisation organisés en marge de l’événement n’est pas anodine : les responsables y voient un vecteur privilégié de diffusion du message environnemental au sein des foyers. Merouan Belkacemi, représentant du Conseil du renouveau économique algérien, a abondé dans ce sens, saluant des initiatives qui permettent « de réduire l’importation de matières premières, dont le plastique ».

À l’heure où la pollution plastique s’impose comme l’une des crises environnementales majeures de notre époque, l’Algérie semble vouloir faire de ses centres commerciaux des laboratoires de la transition écologique.

Lyna Larbi

admin

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