Ghaza : L’UNRWA, pilier essentiel de la paix
Dans un message publié samedi soir sur les réseaux sociaux, Philippe Lazzarini a souligné avec force que «l’UNRWA est un atout pour la paix à Ghaza», insistant sur le fait que «l’Agence est essentielle pour fournir des services publics et pour renforcer les capacités des institutions palestiniennes»
Le Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, Philippe Lazzarini, a affirmé samedi depuis la Conférence de Munich sur la sécurité que l’UNRWA représente un atout indispensable pour la paix dans la bande de Ghaza, jugeant le cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025 largement insuffisant pour répondre aux besoins humanitaires catastrophiques de la population palestinienne après plus de deux années d’agression génocidaire menée par l’entité sioniste, tandis que le dernier bilan communiqué dimanche par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 72.061 martyrs et 171.715 blessés, en écrasante majorité des femmes et des enfants. Cette déclaration intervient dans un contexte où les violations du cessez-le-feu se multiplient quotidiennement, avec neuf nouveaux martyrs palestiniens tombés dimanche sous les bombardements sionistes dans diverses régions du nord et du sud de l’enclave assiégée, et où l’UNRWA fait face à des campagnes de délégitimation orchestrées par l’occupant sioniste et ses alliés occidentaux visant à démanteler cette institution onusienne créée en 1949 pour venir en aide aux réfugiés palestiniens. Dans son message publié samedi soir sur les réseaux sociaux, Philippe Lazzarini a souligné avec force que «l’UNRWA est un atout pour la paix à Ghaza», insistant sur le fait que «l’Agence est essentielle pour fournir des services publics et pour renforcer les capacités des institutions palestiniennes» dans un territoire ravagé par plus de 28 mois d’une campagne d’extermination systématique sans précédent dans l’histoire moderne. Le responsable onusien a détaillé l’ampleur du travail accompli par ses équipes sur le terrain malgré les conditions extrêmement périlleuses, précisant que l’organisation «dispose des ressources humaines nécessaires, de l’expertise et de la confiance de la communauté», ajoutant que «le personnel de l’UNRWA assure environ 18.000 consultations médicales chaque jour et joue un rôle crucial dans le soutien à la santé publique en vaccinant les enfants, en fournissant de l’eau potable et en gérant les déchets», des services vitaux qui permettent d’éviter des épidémies catastrophiques dans une enclave où les infrastructures sanitaires ont été délibérément détruites par l’occupant sioniste.
Le Commissaire général a également mis en avant les efforts de l’UNRWA dans le domaine éducatif, révélant que l’agence onusienne «a permis à plus de 60.000 enfants de reprendre l’apprentissage en présentiel, accompagné d’un soutien psychosocial», un chiffre qui témoigne de la volonté de préserver l’avenir de la jeunesse palestinienne malgré les traumatismes profonds causés par l’agression génocidaire et la destruction systématique de centaines d’établissements scolaires transformés en décombres par les bombardements aveugles. Philippe Lazzarini a tenu à souligner qu’«un cessez-le-feu à lui seul ne garantit ni la paix ni la stabilité», une mise en garde qui résonne avec une acuité particulière au regard des violations quotidiennes de la trêve par les forces d’occupation sionistes, ajoutant que «les Palestiniens de Ghaza ont droit aux soins de santé, à l’éducation et à d’autres services sociaux essentiels, que l’UNRWA est particulièrement bien placée pour fournir», un message adressé à la communauté internationale qui doit assumer ses responsabilités face à la catastrophe humanitaire en cours.
Un bilan très lourd
Le bilan humain catastrophique communiqué dimanche par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 72.061 martyrs et 171.715 blessés depuis le déclenchement de l’agression génocidaire sioniste le 7 octobre 2023, des chiffres qui ne cessent de s’alourdir quotidiennement et qui ne reflètent probablement pas l’ampleur réelle des pertes, de nombreuses victimes demeurant encore ensevelies sous les décombres des centaines de milliers de bâtiments détruits par l’aviation et l’artillerie sionistes. Au cours des dernières 24 heures, les corps de dix martyrs et neuf blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, qui fonctionnent dans des conditions dramatiques avec des moyens extrêmement limités. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu fragile le 10 octobre 2025, 601 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.607 autres ont été blessés, tandis que les corps de 726 martyrs ont pu être récupérés et identifiés, démontrant que l’agression sioniste se poursuit sous d’autres formes malgré l’accord de trêve censé protéger les civils.
Les bombardements meurtriers perpétrés dimanche par les forces d’occupation sionistes illustrent la persistance de la politique génocidaire menée par l’entité coloniale. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, quatre citoyens sont tombés en martyrs et plusieurs autres ont été blessés lors du bombardement d’une tente abritant des personnes déplacées dans la région d’Al-Faloudja, à l’ouest de Jabalia, dans le nord de l’enclave, tandis que quatre autres Palestiniens ont été assassinés dans un raid aérien au sud de Khan Younes. Les équipes d’ambulanciers et de la protection civile ont rencontré d’immenses difficultés pour atteindre les sites ciblés en raison de l’intensité des frappes et des conditions extrêmement dangereuses sur le terrain, une tactique délibérée visant à maximiser le nombre de victimes en empêchant les secours d’intervenir. Parallèlement, les forces d’occupation poursuivent leurs opérations systématiques de démolition de maisons dans le nord de la ville de Ghaza, tandis que des tirs d’artillerie ont ciblé le carrefour d’Al-Sanafour dans le quartier d’Al-Tuffah, témoignant d’une volonté manifeste de rendre inhabitables de vastes zones de l’enclave palestinienne.
En Cisjordanie occupée, la répression sioniste s’intensifie également avec l’arrestation de 18 Palestiniens en 24 heures, notamment dans les gouvernorats de Nablousse, Beit Lehm et Selfit, selon le bureau d’information des prisonniers. Ces arrestations massives sont accompagnées d’intimidations systématiques, d’agressions physiques sur les détenus et leurs familles, de tirs à balles réelles avec intention de tuer, d’utilisation des détenus comme boucliers humains, ainsi que de destructions délibérées dans les habitations. Le nombre total des arrestations depuis le 7 octobre 2023 a dépassé les 21.000 personnes en Cisjordanie occupée, y compris à El-Qods occupée. Le Club des prisonniers palestiniens a révélé que 66 femmes sont actuellement détenues dans les geôles sionistes, dont trois mineures, après l’arrestation récente de dix femmes supplémentaires. L’organisation a dénoncé un ciblage «sans précédent» des femmes palestiniennes avec plus de 680 cas d’arrestation recensés, ce chiffre n’incluant pas celles arrêtées à Ghaza.
Lyes Saïdi

