Commerce extérieur : Un bond de 482% du budget d’aide aux exportateurs
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a révélé samedi devant l’Assemblée populaire nationale qu’une enveloppe exceptionnelle de 5 milliards de dinars a été mobilisée en 2023 pour apurer les arriérés dus aux exportateurs depuis 2017, expliquant ainsi l’explosion de 482% du budget du programme de soutien à l’export par rapport aux prévisions initiales. Devant la commission des finances et du budget, Kamel Rezig a présenté un exposé détaillé sur l’exécution budgétaire 2023 de son département, marquée par cette mesure d’assainissement sans précédent. Le programme « Encadrement des échanges commerciaux et promotion des exportations » disposait initialement d’une enveloppe de 6,037 milliards de dinars, portée à plus de 11 milliards avec les crédits supplémentaires débloqués en cours d’exercice. Le taux de consommation a atteint 81,56%, soit plus de 4,9 milliards de dinars effectivement décaissés. Le ministre a souligné qu’il s’agit d’« une gestion rationnelle et efficace des crédits, fondée sur des décaissements liés à des dossiers conformes aux conditions requises », tout en insistant sur le respect des règles de la comptabilité publique et l’absence de recours aux dépenses de régularisation de fin d’exercice, pratique couramment décriée. Cette hausse spectaculaire de 482% s’explique par une situation d’endettement de l’État envers les exportateurs qui s’était cristallisée sur plusieurs années. Le ministre a précisé qu’un milliard de dinars supplémentaire, programmé dans le budget initial, couvrait quant à lui les contributions courantes de l’année 2023, permettant d’assurer la continuité du dispositif de soutien pour les nouveaux dossiers d’exportation. « Cette démarche vise à garantir une plus grande efficacité de la dépense publique et à l’orienter vers les entreprises productrices », a-t-il affirmé, soulignant la volonté du gouvernement de rétablir la confiance et de relancer la dynamique d’exportation hors hydrocarbures. Cette régularisation massive intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers.
S.B.

