L’esclavage et la colonisation qualifiés de crimes contre l’humanité : L’UA adopte la Déclaration d’Alger
L’Union africaine a adopté dimanche lors de son 39e sommet une résolution historique qualifiant l’esclavage, la déportation et le colonialisme de crimes contre l’humanité et de génocides, tout en adoptant la Déclaration d’Alger instituant le 30 novembre « Journée africaine d’hommage aux martyrs et victimes de la traite, de la colonisation et de l’apartheid » et saluant le rôle moteur de l’Algérie dans ce combat pour la justice. Réunis dans la capitale éthiopienne les 14 et 15 février, les chefs d’État africains ont franchi une étape décisive. La résolution, présentée par le Togo, engage les États membres à œuvrer collectivement pour obtenir la reconnaissance internationale de ces crimes, marquant une volonté politique continentale sans précédent. Le sommet a exprimé sa considération au président Abdelmadjid Tebboune pour avoir porté cette initiative. La Déclaration d’Alger, fruit de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux tenue à Alger les 30 novembre et 1er décembre 2025 sous le thème « Justice pour les Africains à travers les réparations », trace une feuille de route ambitieuse. Le texte exhorte les anciennes puissances coloniales à « assumer pleinement leurs responsabilités historiques à travers la reconnaissance publique des injustices commises ». Il appelle aussi à « l’établissement d’une plateforme africaine de justice environnementale, chargée de recenser les zones affectées, d’évaluer les préjudices et de formuler des recommandations pour la réhabilitation et les compensations ».
L’adoption de la journée du 30 novembre vise à affirmer l’importance de la préservation de la mémoire collective comme pilier de la reconnaissance des crimes, de la justice et comme moyen d’empêcher que l’histoire ne se répète. Cette décision s’inscrit dans l’effort continental visant à criminaliser la colonisation et à garantir des compensations aux victimes.
Une résolution à l’ONU
Dans la foulée, le président ghanéen John Mahama a annoncé qu’une résolution qualifiant la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité » sera déposée en mars à l’Assemblée générale de l’ONU. « Avec l’appui de l’Union africaine, la vérité sera enfin reconnue : la traite transatlantique a été la plus grande injustice contre l’humanité », a-t-il déclaré. Pour Mahama, « il ne s’agit pas seulement d’une compensation financière, il s’agit de rétablir la vérité historique ». Les travaux de ce sommet, organisé sous le thème de l’eau et de l’assainissement, se sont achevés dimanche avec la participation du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb. L’Algérie a réaffirmé son attachement aux solutions pacifiques des conflits et sa contribution aux efforts de paix et de stabilité, dans le cadre de son engagement à soutenir l’action africaine commune et à renforcer les dynamiques d’intégration continentale.
Chokri Hafed

