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Tebboune appelle à une criminalisation internationale du colonialisme : L’Afrique se mobilise !

Au cœur du 39e Sommet de l’Union africaine, l’Algérie lance un message fort : le président de la République Abdelmadjid Tebboune a plaidé pour la criminalisation internationale du colonialisme comme crime contre l’humanité, assortie de réparations pour les génocides esclavagistes et coloniaux.

Dans une allocution lue en son nom par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le Président Tebboune salue l’étude « rigoureuse et approfondie » de la Commission du droit international de l’UA, mandatée par la décision 934. Ce document met en lumière les « conséquences juridiques découlant de la qualification du colonialisme comme crime contre l’humanité, et de la caractérisation de certaines pratiques liées à l’ère de l’esclavage, de la déportation forcée et de la colonisation en tant qu’actes assimilables au crime de génocide à l’encontre des peuples africains ». L’Algérie réaffirme son « soutien absolu et indéfectible » à cette approche, appelant à « ancrer une approche juridique claire et explicite qui inscrit le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves », pour renforcer la reddition de comptes et la non-impunité. Ce discours s’inscrit dans une séquence diplomatique offensive menée par Alger. Mandatée avec le Togo, l’Afrique du Sud et le Ghana pour suivre la décision 934 en 2025, l’Algérie a organisé les 30 novembre et 1er décembre une conférence internationale à Alger sur les « Crimes du colonialisme en Afrique : vers une réparation des injustices historiques par la criminalisation du colonialisme ». Élargie à des ministres, experts, historiens d’Afrique, d’Europe, des Amériques et des Caraïbes, elle a accouché de « l’Appel d’Alger ». Celle-ci préconise la reconnaissance des crimes, leur inscription au droit international, la documentation des atrocités, la restitution de biens culturels, archives et restes humains, et la responsabilité pour les « impacts environnementaux et économiques profonds engendrés par les politiques coloniales ».

L’Algérie célèbre son 30 novembre comme « journée africaine officielle d’hommage aux martyrs africains, à même de contribuer à l’ancrage de la conscience historique chez les nouvelles générations. Tebboune vante aussi l’adoption de sa proposition pour un 30 novembre comme « journée africaine officielle d’hommage aux martyrs africains », ancrant la mémoire chez les nouvelles générations. Forte de ses 132 ans de lutte contre un  « colonialisme de peuplement d’une extrême brutalité », l’Algérie offre ses archives, preuves et témoignages pour étayer les organes juridiques de l’UA : répression massive, méthodes prohibées par le droit international, exécutions extrajudiciaires, torture, viols, essais nucléaires sur civils, pillage des richesses – tous classés imprescriptibles par la loi algérienne de 2024.

« Les sacrifices incommensurables consentis par des millions d’Africains pour la liberté, la dignité et la justice ne sauraient être relégués à l’oubli, ni réduits à des récits tronqués », tonne Tebboune. Il appelle les organisations onusiennes et « puissances coloniales » à une reconnaissance « explicite, sans équivoque » de l’esclavage, déportation, nettoyage ethnique, torture et persécutions. Pour Tebboune, cette vérité historique est un « devoir moral et juridique », préalable à des relations internationales équilibrées, fondées sur « le respect mutuel, l’équité et la préservation de la dignité humaine ».

Dans un continent marqué par les legs persistants du colonialisme – inégalités économiques, spoliations culturelles, destructions environnementales –, cet angle assertif du Président Tebboune relance le débat sur la justice. Il positionne l’Algérie en fer de lance, transformant sa mémoire douloureuse en levier diplomatique pour un droit international décolonisé. Reste à voir si l’UA et l’ONU suivront, face aux réticences des ex-métropoles.

Hocine Fadheli

admin

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